
Comment parler de la mort à un enfant sans le bouleverser davantage ? Et comment l’aider à traverser un deuil, à son rythme ? Beaucoup de parents se sentent démunis face au deuil de leur enfant ou de leur adolescent. Faut-il tout dire ? Quels mots choisir ? Le deuil d’un enfant ne ressemble pas à celui d’un adulte. Pourtant, à chaque âge, les enfants et les adolescents font bien le travail de deuil. Avec leurs mots, leurs silences, leur manière à eux. Et c’est en comprenant que vous pourrez les accompagner pour traverser cette peine ensemble. 🫶
La compréhension de la mort selon l’âge de l’enfant
La compréhension de la mort évolue avec le développement de l’enfant. Un même événement, le décès d’une grand-mère par exemple, ne sera pas vécu de la même manière par un enfant de 4 ans, de 8 ans ou de 14 ans. Décryptons cela ensemble.
Avant 6 ans : la mort, une notion encore floue pour le jeune enfant
Chez les plus jeunes, la mort reste une notion abstraite. Avant 5-6 ans, l’enfant ne saisit pas vraiment son caractère définitif. Il peut demander quand la personne décédée va revenir, parler d’elle au présent, ou imaginer qu’elle dort, qu’elle est partie en voyage.
À cet âge, l’enfant se vit encore comme le centre de son monde : il a l’impression que ses émotions, ses pensées ou ses bêtises ont un effet direct sur ce qui l’entoure.
C’est ce qu’on appelle la pensée magique. Quand un proche meurt, il peut alors faire un lien là où il n’y en a pas : « j’ai été méchant avec papi la dernière fois, c’est pour ça qu’il est parti », « j’ai pensé très fort que je ne voulais plus aller chez mamie, et maintenant elle est morte ».
Ces croyances, rarement exprimées spontanément, peuvent générer de la culpabilité, d’où l’importance de rassurer l’enfant, même s’il ne pose pas la question : lui dire clairement qu’il n’y est pour rien, que personne n’est responsable.
Selon les analyses de la Fondation OCIRP, spécialisée dans l’accompagnement des enfants endeuillés, la représentation de la mort chez les jeunes enfants est très liée au sommeil. Cette association explique pourquoi il est essentiel d’utiliser des mots concrets et précis avec eux : évitez les formulations imagées comme « il s’est endormi pour toujours » ou « il est parti », qui peuvent générer de fortes angoisses (peur de s’endormir, peur d’un nouveau départ d’un proche).
Entre 6 et 10 ans : les questions de l’enfant face à la mort
À partir de 6-7 ans, l’enfant commence à comprendre que la mort est universelle, irréversible et qu’elle concerne tout le monde, y compris ses proches et lui-même. C’est souvent à cette période qu’apparaissent des questions parfois déstabilisantes pour les parents :
- « Est-ce que toi aussi tu vas mourir ? »
- « Et moi, je vais mourir quand ? »
- « Qu’est-ce qu’il y a après ? »
- « Pourquoi le corps ne bouge plus ? »
Ces interrogations très concrètes peuvent surprendre, voire choquer. Elles traduisent pourtant un travail psychique sain : l’enfant essaie d’organiser sa pensée autour d’un concept difficile. Lui répondre avec honnêteté l’aide à se construire des repères solides.
À l’adolescence : un deuil plus conscient et plus intense
À partir de 11-12 ans, l’adolescent comprend pleinement la mort, dans toutes ses dimensions : biologique, philosophique, parfois spirituelle. Mais cette compréhension complète peut aussi rendre le deuil plus intense et plus complexe.
L’adolescence est déjà une période de grands bouleversements identitaires. Quand un deuil s’y ajoute, il vient se mêler à des questionnements existentiels (« à quoi ça sert de vivre si on meurt ? »), à une sensibilité émotionnelle exacerbée et à une tendance à se replier sur soi.
Selon l’enquête EnCLASS publiée par Santé publique France en 2024, 14 % des collégiens et 15 % des lycéens présentent un risque important de dépression, et un quart des lycéens ont déclaré avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois. Un deuil non accompagné peut, dans ce contexte fragile, amplifier un mal-être déjà présent, d’où l’importance de rester attentif.
Quelles peuvent être les réactions face au deuil chez l’enfant ?
Certains posent beaucoup de questions pour comprendre et se rassurer. D’autres restent plus silencieux et expriment leurs émotions autrement.
Les émotions intenses et parfois imprévisibles du deuil
Les émotions du jeune vont et viennent, parfois en quelques minutes. Un enfant peut pleurer intensément, puis se remettre à jouer comme si de rien n’était. Un adolescent peut paraître très calme dans les jours qui suivent le décès, puis exprimer une grande tristesse plusieurs semaines ou plusieurs mois après.
Ces fluctuations sont normales. Le psychisme d’un enfant ne peut pas supporter une douleur trop intense : il l’aborde par petites doses, en alternant moments de tristesse et moments de jeu. C’est ce que les psychologues appellent l’oscillation émotionnelle, et c’est même un mécanisme protecteur. 🫶
La tristesse est souvent la première émotion qui apparaît, parfois exprimée par des pleurs, parfois par un retrait silencieux.
Mais elle peut s’accompagner d’autres ressentis, parfois très intenses : de la colère (contre la personne disparue, contre les médecins, contre la vie), de la culpabilité (fréquente chez les enfants qui pensent avoir causé la mort par leurs pensées ou leurs comportements) ou encore de la peur de perdre d’autres proches, de mourir soi-même, ou simplement de se retrouver seul.
Il arrive aussi qu’un sentiment de soulagement émerge, surtout lorsque la personne décédée souffrait, ce qui peut à son tour générer de la culpabilité.
Toutes ces émotions sont normales, et peuvent coexister dans une même journée. 🫶
Reconnaître les manifestations du deuil chez un enfant
Beaucoup de parents s’attendent à voir leur enfant pleurer, parler du défunt, être abattu. Or les manifestations du deuil sont souvent indirectes, surtout chez les plus jeunes. 👇
Par exemple, vous pouvez observer :
- des troubles du sommeil, comme des cauchemars ou des difficultés à s’endormir ;
- des changements dans l’alimentation, avec une perte d’appétit ou au contraire des fringales ;
- une irritabilité plus marquée, des colères ou une opposition inhabituelle ;
- un repli sur soi, surtout à l’adolescence ;
- ou encore des manifestations plus indirectes, comme des difficultés scolaires ou des maux physiques sans cause médicale.
Chez les plus jeunes, cela peut aussi passer par des régressions (langage plus “bébé”, besoin accru de réassurance). À l’inverse, certains enfants peuvent sembler très agités, voire euphoriques, ce qui peut dérouter.
Chaque enfant traverse le deuil à sa façon
Il n’existe pas de bonne manière de faire son deuil. Deux frères et sœurs traverseront différemment la même perte, en fonction de leur tempérament, de leur âge, de leur lien avec la personne décédée, et de leur histoire personnelle.
Certains enfants ont besoin d’en parler souvent, de poser des questions, de regarder des photos. D’autres préfèrent rester silencieux, dessiner, jouer, écrire. D’autres encore semblent ne rien manifester pendant des semaines, puis libèrent leur chagrin.
Cette diversité peut désarçonner les parents, surtout quand un enfant semble « bien aller » alors qu’on le pensait effondré. Mais le silence n’est pas l’absence de douleur. Il faut surtout éviter de comparer les réactions des frères et sœurs, ou d’attendre une expression conforme à ce que l’on imagine du deuil. 😉
Comprendre les différentes formes de deuil chez les jeunes
Lien affectif et intensité du deuil chez l’enfant
L’intensité du deuil dépend avant tout de la relation que l’enfant entretenait avec la personne disparue. Perdre un grand-parent éloigné qu’il voyait deux fois par an n’a pas le même retentissement que perdre un grand-parent qui l’élevait à mi-temps.
Le décès d’un parent ou d’un frère ou d’une sœur reste, statistiquement et cliniquement, l’un des événements les plus difficiles. Selon les estimations de l’INED publiées dans Population et Sociétés, être orphelin concerne environ 3 % des enfants et jeunes âgés de moins de 25 ans en France. Pourtant, le deuil parental reste un sujet largement invisible dans la société.
Et n’oublions pas la perte d’un animal de compagnie. Pour un enfant, comme pour un adulte, son chien ou son chat n’est pas « juste un animal ». C’est souvent un compagnon de tous les jours, un confident, parfois le premier être avec lequel il a tissé un lien d’amour. Sa disparition peut alors être vécue comme un véritable deuil. 🐾
Le cas de la mort soudaine ou du suicide
La façon dont la perte survient influe profondément sur le travail de deuil. Un décès attendu, après une longue maladie, laisse le temps aux mots, aux adieux, à la préparation psychique, même si dans tous les cas, un décès reste difficile à vivre. Un décès brutal (accident, suicide, mort subite) prive l’enfant de cette préparation et peut générer un état de choc.
Les morts par suicide sont particulièrement difficiles à intégrer pour un jeune. Elles soulèvent des questions complexes : « Pourquoi ? Est-ce que j’aurais pu faire quelque chose ? Est-ce qu’il m’aimait vraiment ? »
Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé sur les manifestations dépressives à l’adolescence, la mort d’un proche, et particulièrement par suicide, fait partie des situations à très haut risque de dépression et de crise suicidaire chez le jeune. Les enfants et adolescents endeuillés par le suicide nécessitent un accompagnement particulièrement attentif, idéalement spécialisé.
Le contexte familial dans le travail de deuil de l’enfant
Un enfant ne fait pas son deuil seul, dans une bulle. Il le fait au sein d’une famille, d’une école, d’un environnement. Et ce contexte peut soit faciliter, soit compliquer le travail psychique.
Quelques éléments qui peuvent peser :
| Contexte favorable | Contexte plus difficile |
| Parents qui parlent ouvertement du défunt | Tabou, silence familial autour de la mort |
| Rituels partagés (anniversaires, anecdotes) | Effacement des traces, photos rangées |
| Présence d’adultes disponibles émotionnellement | Parents eux-mêmes très fragilisés |
| Stabilité du quotidien (école, activités) | Bouleversements concomitants (déménagement, séparation) |
| Possibilité d’exprimer ses émotions sans jugement | Injonctions à « être fort » ou « ne pas craquer » |
Quand un parent est lui-même complètement effondré, l’enfant peut se sentir obligé de protéger son père ou sa mère en taisant sa propre douleur. C’est ce qu’on appelle le « parentage inversé », et cela peut compliquer durablement le deuil. 😶
Parler de la mort à un enfant : comment trouver les mots justes ?
C’est sans doute la question qui revient le plus souvent. Comment annoncer un décès à son enfant ? Quels mots utiliser pour parler de la mort ? Doit-on tout dire, ou en dire le moins possible ?
Comment annoncer un décès à son enfant ?
Les enfants ressentent toujours quand quelque chose ne va pas. Leur cacher la vérité, ou inventer des histoires pour les protéger, génère plus d’angoisse que la réalité elle-même. Ils imaginent souvent pire que ce qui s’est passé. 🫶
Quelques principes pour aborder la mort avec un enfant :
- Utiliser des mots concrets : « il est mort », « son cœur s’est arrêté », « son corps ne fonctionne plus ». Éviter les euphémismes flous (« il nous a quittés », « il est parti », « on l’a perdu »).
- Adapter le niveau de détail à l’âge : un enfant de 5 ans n’a pas besoin de connaître les circonstances précises ; un ado de 15 ans, oui, s’il le demande.
- Répondre aux questions, même les plus crues : « est-ce qu’il a souffert ? », « est-ce qu’il est dans un cercueil ? », « est-ce que ça pourrit ? ». Ces questions sont saines, elles aident l’enfant à se représenter ce qui s’est passé.
- Accepter de ne pas tout savoir : « je ne sais pas ce qu’il y a après la mort, personne ne le sait vraiment, mais voici ce que moi je crois… »
- Parler de ses propres émotions : montrer qu’on est triste, qu’on pleure, c’est autoriser l’enfant à ressentir ses propres émotions sans honte.
Les phrases à éviter face à un enfant en deuil
Certaines phrases, dites avec les meilleures intentions, peuvent au contraire générer de la confusion ou de l’angoisse :
- « Il dort pour toujours » : risque de créer une peur de s’endormir ;
- « Il est parti en voyage » : l’enfant peut attendre son retour, ou avoir peur quand un autre proche part en déplacement ;
- « Dieu l’a rappelé à lui » : peut générer de la colère contre Dieu ou la peur d’être « rappelé » à son tour ;
- « Il faut être fort pour maman » : pression émotionnelle inadaptée à un enfant ;
- « Tu es trop petit pour comprendre » : invalide ses questions et son ressenti.
Pour les adolescents, on peut être tenté de leur parler comme à des adultes, en oubliant qu’ils sont encore en construction. Un ado a besoin que vous lui parliez, sans détours ni tabou, mais il a aussi besoin de temps pour digérer la nouvelle à son rythme.
Et en cas de suicide : doit-on le dire à l’enfant ?
C’est une question qui revient souvent, et qui touche à la peur bien légitime de « trop en dire ». Pourtant, les spécialistes du deuil chez l’enfant sont aujourd’hui unanimes : mieux vaut dire la vérité, avec des mots adaptés à l’âge. Cacher la cause de la mort, ou la travestir, peut sembler protecteur à court terme, mais cela fragilise la confiance de l’enfant. Tôt ou tard, il découvrira la vérité et le mensonge ajoutera alors une seconde blessure à la première.
Cela ne veut pas dire tout dire d’un bloc. On peut commencer simplement : « Il a fait une maladie qui s’appelle la dépression, qui rend le cerveau très malheureux, et il a décidé de mettre fin à sa vie. » Avec un enfant plus grand, on peut nommer le mot « suicide » et expliquer qu’il s’agit de la conséquence d’une grande souffrance psychique qu’on n’arrive plus à supporter.
Trois points sont essentiels à transmettre :
- Ce n’est la faute de personne, et surtout pas la sienne.
- Cela ne se transmet pas comme une maladie contagieuse. Beaucoup d’enfants craignent secrètement que cela leur arrive aussi.
- On peut toujours demander de l’aide quand on va mal. C’est l’occasion d’ouvrir le dialogue sur les émotions difficiles et les ressources disponibles (parent, médecin, psy, ligne d’écoute).
Si vous vous sentez vous-même trop bouleversé pour aborder le sujet, c’est tout à fait légitime de vous faire accompagner par un professionnel pour préparer cet échange. 🫶
Doit-on emmener son enfant aux funérailles ?
Autre question récurrente, et là encore les recommandations ont évolué : les rituels funéraires ont une vraie utilité psychique pour les enfants, à condition qu’ils soient préparés et accompagnés. Longtemps, on a voulu « épargner » les enfants en les tenant à l’écart. On sait aujourd’hui que ne pas pouvoir dire au revoir peut compliquer le travail de deuil et laisser place à l’imaginaire, souvent plus angoissant que la réalité.
Quelques repères utiles :
- Expliquer à l’avance ce qui va se passer : où ce sera, qui sera là, ce qu’il va voir (le cercueil, des gens qui pleurent), combien de temps cela va durer.
- Lui laisser le choix quand c’est possible, sans le forcer ni le culpabiliser s’il préfère ne pas venir.
- Prévoir une personne de confiance dédiée à l’enfant pendant la cérémonie, qui pourra l’emmener faire un tour s’il en a besoin, répondre à ses questions, ou simplement le tenir par la main.
- Lui proposer un geste symbolique : déposer un dessin, une fleur, une lettre, mettre un objet dans le cercueil. Ces petits rituels aident énormément à concrétiser la séparation.
- Pour les très jeunes enfants (moins de 4-5 ans), une présence partielle (juste un moment de la cérémonie, ou seulement le rassemblement après) peut suffire.
Comment accompagner un enfant en deuil ?
Ce dont un enfant endeuillé a vraiment besoin
Un enfant n’attend pas que ses parents fassent disparaître sa peine. Il attend qu’ils soient là, simplement, avec lui, dans cette peine. Cela peut sembler peu, mais c’est en réalité beaucoup. 💛
Voici ce qui aide vraiment :
- Une présence calme et disponible : pas besoin de trouver les bons mots, parfois juste s’asseoir à côté, regarder la même chose, partager un silence.
- Des rituels concrets : allumer une bougie, regarder des photos, parler du défunt avec des anecdotes, célébrer son anniversaire.
- Le maintien d’un cadre sécurisant : garder les horaires habituels, les activités, l’école. Le quotidien est rassurant.
- L’autorisation à vivre : dire à l’enfant qu’il a le droit de jouer, de rire, d’être heureux, sans trahir la mémoire du défunt.
- Le respect de son rythme : certains jours il voudra parler, d’autres pas. Les deux sont légitimes.
Soutenir un enfant en deuil : quoi dire et quoi éviter
Ce qui peut faire du bien :
- « Tu peux pleurer autant que tu veux, je suis là. »
- « Tu as le droit d’être triste, en colère, ou les deux. »
- « Tu veux qu’on parle de mamie ? On peut aussi juste regarder ses photos. »
- « Je ne sais pas quoi te dire, mais je suis là. »
- « Ce n’est pas ta faute. Personne n’est responsable. »
Ce qui peut blesser, même sans le vouloir :
- « Il faut être fort »
- « Il ne faut plus pleurer »
- « Tu dois passer à autre chose »
- « Au moins, il ne souffre plus » (peut sembler minimiser)
- « Je sais ce que tu ressens » (chacun vit le deuil différemment)
Maintenir un lien avec le défunt
Contrairement à une idée ancienne selon laquelle il faudrait « tourner la page » pour aller mieux, les recherches actuelles en psychologie du deuil montrent que maintenir un lien intérieur avec le défunt est protecteur. Ce qu’on appelle aujourd’hui les « liens continus » : se souvenir, parler du défunt, intégrer sa présence symbolique dans la vie de famille.
Concrètement, cela peut passer par :
- garder un objet, un vêtement, une photo accessible ;
- écrire une lettre au défunt, dessiner pour lui ;
- partager des souvenirs lors des anniversaires ou des fêtes ;
- planter un arbre, créer un coin souvenir, fabriquer une boîte à mémoire ;
- pour les ados, parfois, écrire un journal, écouter sa musique, porter un de ses bijoux.
Ressources pour traverser le deuil en famille
📚 Livres pour parler du deuil aux enfants et aux ados
« Au revoir Blaireau », Susan Varley, Gallimard Jeunesse
Pour les enfants à partir de 4-5 ans.
Un classique de la littérature jeunesse sur le deuil, recommandé par l’Éducation nationale. À travers la mort du vieux Blaireau, ses amis se souviennent de tout ce qu’il leur a appris. Un livre tendre, qui aide les jeunes enfants à comprendre que ceux qu’on aime restent présents à travers les souvenirs.
« L’enfant confronté à la mort d’un parent », sous la direction de Patrick Ben Soussan, Érès
Pour les parents et les professionnels.
Pédopsychiatre reconnu, Patrick Ben Soussan dirige cet ouvrage collectif qui décrit le processus du deuil chez l’enfant, du tout-petit à l’adolescent. Un livre dense mais accessible, qui aide à comprendre ce qui se joue à chaque âge et à mieux accompagner un enfant confronté à la mort d’un proche.
« Comprendre un enfant ou un adolescent en deuil », Béatrice Copper-Royer, Eyrolles
Pour les parents et les adultes.
Psychologue clinicienne, Béatrice Copper-Royer s’appuie sur son expérience auprès des enfants et des adolescents pour éclairer la manière dont le deuil se manifeste selon l’âge. Elle offre aux familles des repères concrets pour soutenir un enfant ou un adolescent traversant la perte d’un proche, et aborde aussi bien les premières réactions que les répercussions à plus long terme.
« Quand la vie fait mal aux enfants : séparations, deuils, attentats », Hélène Romano, Odile Jacob
Pour les parents.
Hélène Romano, docteure en psychopathologie spécialisée dans le psychotraumatisme, propose un guide pratique et chaleureux pour accompagner son enfant face à des événements douloureux : deuil, séparation, attentat. Un ouvrage de référence, écrit à hauteur d’enfant, qui donne des repères concrets aux parents.
🎙 Podcasts sur le deuil
« En Famille » – Épisode 14 : Quand les enfants et les ados sont confrontés à la mort d’un proche, Béatrice Copper-Royer et Marie Guyot
Pour les parents.
Animé par Béatrice Copper-Royer, psychologue clinicienne et présidente d’honneur de IAMSTRONG, et Marie Guyot, journaliste santé et psychologie, ce podcast aborde dans cet épisode la question délicate de la mort d’un proche chez l’enfant et l’adolescent. Comment en parler ? Comment accompagner sans dramatiser ni minimiser ? Quels mots poser, à quel âge ? Un échange d’une grande justesse, qui apporte aux parents des repères concrets pour traverser cette épreuve aux côtés de leur enfant.
« Encore Heureux », Camille Teste, Binge Audio
Pour les parents et les jeunes adultes.
Un podcast sur la santé mentale qui consacre plusieurs épisodes au rapport à la mort et au deuil, dont l’épisode « Comment faire face à la mort ? ». Des échanges accessibles et apaisants pour mieux comprendre ce qui se joue dans le deuil.
🌐 Associations qui accompagnent les enfants en deuil
Empreintes : association reconnue d’intérêt général, propose un accompagnement spécialisé pour les enfants, adolescents et adultes en deuil, avec des groupes de parole et un soutien psychologique.
La vie, la mort… on en parle ? : portail soutenu par la Fondation OCIRP, qui rassemble des ressources pour parler de la fin de vie, de la mort et du deuil avec les enfants et adolescents.
Quand consulter un professionnel pour un enfant en deuil ?
Le deuil est un processus normal, qui se déroule sur plusieurs mois, parfois plusieurs années. Mais dans certains cas, il s’enlise, et un soutien extérieur devient nécessaire.
Le cas du deuil pathologique
La plupart des enfants traversent leur deuil avec le soutien de leur famille. Cependant, certaines manifestations méritent l’attention d’un professionnel :
- une tristesse très intense qui ne s’apaise pas au fil des semaines ou des mois ;
- un repli marqué (refus d’aller à l’école, isolement, perte d’intérêt) ;
- des troubles persistants, comme des difficultés de sommeil, d’alimentation ou des plaintes physiques répétées ;
- ou encore des paroles particulièrement inquiétantes (« je veux le rejoindre », « ça ne sert à rien de vivre »).
Chez les adolescents, cela peut aussi se traduire par des comportements à risque ou une culpabilité très envahissante.
Lorsque le deuil concerne un parent, un frère ou une sœur, il est vivement recommandé de consulter systématiquement un professionnel. La perte d’une figure aussi proche bouleverse en profondeur les repères affectifs, identitaires et familiaux de l’enfant. Un accompagnement permet de mettre des mots sur ce qui se vit, de prévenir un deuil compliqué, et d’aider toute la famille à traverser cette épreuve.
Dans ces situations, il ne s’agit pas de s’inquiéter seul, mais de se faire accompagner.
D’après les données publiées par Santé publique France sur la santé mentale des jeunes, les recours aux soins d’urgence pour troubles de l’humeur, idées et gestes suicidaires ont fortement augmenté chez les 11-17 ans depuis 2021 et restent à un niveau élevé. Quand un deuil s’accompagne de signes dépressifs, il est important de consulter sans attendre.
Les professionnels pour accompagner le deuil chez l’enfant
Plusieurs professionnels peuvent intervenir en fonction de la situation :
- Le médecin traitant ou le pédiatre : premier interlocuteur, pour évaluer la situation et orienter si besoin.
- Le psychologue ou pédopsychiatre : pour un travail thérapeutique sur le deuil, l’estime de soi, les émotions.
- Le coach spécialisé : pour accompagner concrètement l’enfant ou l’adolescent dans la reprise de confiance, la gestion des émotions, le retour à un quotidien apaisé.
- Les associations spécialisées : certaines proposent des groupes de parole pour enfants et adolescents endeuillés, qui peuvent être très soutenants (par exemple Empreintes, reconnue d’intérêt général).
Chez IAMSTRONG, nos coachs certifiés et psychologues accompagnent les enfants et les adolescents confrontés à un deuil, à un mal-être ou à des bouleversements familiaux.
Notre approche s’appuie sur des séances individuelles en visio ou en présentiel avec un professionnel choisi en fonction de la situation, des outils inspirés des thérapies cognitivo-comportementales (TCC), et un accompagnement progressif de l’ado et de sa famille pour traverser cette période.
Accompagner un enfant ou un adolescent dans le deuil, ce n’est pas effacer sa peine. C’est lui montrer qu’il peut la traverser, à son rythme, avec vous à ses côtés. C’est lui apprendre que les émotions, mêmes les plus difficiles, peuvent se vivre, se partager, et qu’on peut continuer à aimer la vie en gardant en soi ceux qu’on a perdus. 🫶
Vous avez d’autres questions sur le bien-être de votre enfant ou adolescent ? Retrouvez tous nos conseils sur le blog IAMSTRONG dédié aux parents.