
Il y a certains enfants qui s’agrippent à leurs parents avant d’entrer à l’école, des collégiens tétanisés à l’idée de parler devant la classe, ou encore des jeunes adultes qui entrent dans la vie active mais pour qui la simple idée d’un entretien ou d’un examen plonge dans la panique.
Tous ont un point commun : une anxiété qui s’invite, parfois sans prévenir, et qui finit par envahir le quotidien.
L’anxiété n’est pas une faiblesse. C’est une émotion universelle, une forme d’alarme intérieure censée nous protéger. Mais quand cette alarme se déclenche trop souvent, trop fort, ou sans raison apparente, elle devient épuisante, pour les jeunes comme pour leurs parents.
Et si on apprenait à mieux la comprendre ? 🌱
Comprendre les anxiétés et phobies de l’enfance à l’âge adulte
L’anxiété, à petite dose, est une alliée. C’est elle qui pousse un enfant à être prudent, un adolescent à se préparer à un contrôle, un jeune adulte à s’organiser avant un entretien. Mais lorsqu’elle devient trop présente, elle se transforme en fardeau invisible.
Chez les jeunes, l’anxiété peut prendre de nombreuses formes. Elle ne se manifeste pas toujours par des pleurs ou de la nervosité : parfois, c’est un mal de ventre avant l’école, une colère inexpliquée, un évitement constant. Pour les parents, il est souvent difficile de distinguer une peur « normale » d’un trouble anxieux.
👉 Par exemple, selon Santé publique France, 12,5 % des personnes âgées de 18 à 85 ans présentaient un état anxieux en 2021. Dans une autre étude réalisée par Ipsos en 2023, près d’un adolescent sur trois était en suspicion de trouble d’anxiété généralisée.
Voici un panorama des principales formes d’anxiété et de phobies observées chez les enfants, adolescents et jeunes adultes.
De 6 à 10 ans : les premières angoisses, quand le monde s’élargit
C’est l’âge des grandes découvertes : l’école, les copains, les premières séparations. L’enfant quitte la bulle familiale et découvre que le monde peut être… un peu effrayant.
Les formes d’anxiété les plus fréquentes à cet âge sont :
L’anxiété de séparation
Elle apparaît souvent entre 6 et 9 ans. L’enfant vit la séparation d’avec ses parents comme un danger. Il peut pleurer au moment de quitter la maison, avoir mal au ventre, refuser d’aller à l’école ou d’être gardé par quelqu’un d’autre.
Ces réactions sont normales quand elles sont ponctuelles, mais deviennent problématiques si elles persistent au-delà de quelques semaines.
📊 Une étude de Santé publique France, l’enquête Enabee, indique que 13 % des enfants de 6 à 11 ans scolarisés présentent au moins un trouble probable de santé mentale.
Les phobies spécifiques
Peur du noir, des chiens, des insectes, du tonnerre… Ces phobies apparaissent souvent entre 6 et 10 ans.
Elles peuvent sembler disproportionnées, mais elles traduisent un besoin de contrôle dans un monde encore perçu comme instable. Si elles entraînent des crises d’angoisse intenses ou empêchent certaines activités (sorties scolaires, nuits chez des amis), il est utile d’en parler à un professionnel.
Les troubles anxieux liés à la performance
Certains enfants, très consciencieux, redoutent déjà de « mal faire ». Ils pleurent avant une dictée, s’inquiètent de décevoir, cherchent la perfection. Cette anxiété de performance peut être renforcée par le regard parental ou scolaire, souvent sans qu’on s’en rende compte.
🧩 Exemple concret : Noam, 9 ans, met des heures à faire ses devoirs car il craint de se tromper. Chaque erreur provoque des larmes.
De 11 à 15 ans : l’âge du regard des autres et du doute de soi
À l’entrée au collège, l’anxiété prend de nouvelles formes. Les jeunes commencent à se comparer, à chercher leur place, à vouloir plaire. Le regard des autres devient central, parfois oppressant.
L’anxiété sociale (ou phobie sociale)
C’est la peur intense d’être jugé, observé, ou ridiculisé. Elle se manifeste par une peur panique de parler à l’oral, de manger devant les autres, ou même de participer à une activité de groupe. L’ado peut rougir, transpirer, trembler, ou perdre ses moyens en public.
La phobie scolaire
Ce terme recouvre une réalité complexe. L’ado n’a pas « juste » peur de l’école : il ressent une angoisse profonde à l’idée d’y aller, parfois jusqu’à l’impossibilité physique (nausées, pleurs, vertiges). Les causes sont variées : anxiété de séparation, harcèlement, peur de l’échec, pression sociale.
Ce trouble doit être pris au sérieux : une phobie scolaire non accompagnée peut conduire à un décrochage durable.
Les angoisses existentielles
Vers 13–15 ans, les jeunes commencent à s’interroger sur la mort, le futur, la santé, la planète. Ces pensées sont normales, mais elles peuvent parfois virer à l’obsession. Certains adolescents développent une peur permanente de tomber malade ou de perdre un proche (hypocondrie infantile).
🧩 Exemple concret : Emma, 14 ans, vérifie plusieurs fois par jour sur Internet les symptômes de maladies. Ce comportement, appelé « cyberchondrie », est de plus en plus fréquent à l’ère numérique.
De 16 à 18 ans : la pression du futur et la peur de l’échec
C’est une période charnière : orientation, examens, premières responsabilités. Les adolescents se projettent dans l’avenir et veulent « réussir ». Mais quand la peur de l’échec prend le dessus, l’anxiété s’intensifie.
L’anxiété de performance
Très fréquente dans cette tranche d’âge, elle se traduit par une peur de décevoir ou d’être jugé « pas assez bon ». Les symptômes peuvent être physiques (palpitations, sueurs, insomnie) ou comportementaux (procrastination, perfectionnisme excessif, auto-sabotage).
📊 Le rapport EnCLASS 2022 de Santé publique France indique que 20 % des lycéens déclaraient être « très stressés par le travail scolaire ».
Les attaques de panique
Certains adolescents vivent des crises soudaines de terreur intense : cœur qui s’emballe, sensation d’étouffement, peur de mourir ou de « devenir fou ». Ces attaques, impressionnantes mais sans danger, sont typiques du trouble panique. Elles peuvent être isolées ou récurrentes, surtout en période d’examen.
L’anxiété généralisée
Quand l’inquiétude s’étend à tous les domaines (santé, avenir, relations, études), on parle d’anxiété généralisée. Le jeune « rumine » sans arrêt, imagine le pire, a du mal à se détendre. Cette tension permanente peut mener à une grande fatigue physique et mentale.
🧩 Exemple concret : Léo, 17 ans, ne parvient plus à dormir avant les examens. Il revoit ses cours jusqu’à minuit, convaincu qu’il oubliera tout le lendemain.
De 19 à 24 ans : la peur de l’avenir et la recherche d’équilibre
Le passage à la vie adulte peut raviver les angoisses, voire en créer de nouvelles. Autonomie, études supérieures, premier emploi, vie amoureuse… autant de sources de stress dans un monde souvent incertain.
Le trouble d’anxiété généralisée (TAG)
C’est le plus fréquent chez les jeunes adultes. Il se manifeste par une inquiétude quasi permanente, difficile à contrôler : « Et si je n’y arrive pas ? », « Et si je perds mon job ? », « Et si je déçois mes parents ? » Cette tension constante peut s’accompagner de douleurs musculaires, d’irritabilité, ou d’un sentiment d’être « épuisé nerveusement ».
Les phobies sociales et les anxiétés liées à la vie professionnelle
Prendre la parole en réunion, passer un entretien, parler à un supérieur… autant de situations qui déclenchent des angoisses intenses. Certains évitent les interactions, d’autres compensent par un perfectionnisme extrême.
Les phobies spécifiques persistantes
Certaines peurs de l’enfance (avion, hauteur, sang, animaux) ne disparaissent pas à l’âge adulte. Si elles limitent les déplacements, les études ou les loisirs, elles peuvent être prises en charge avec succès grâce aux thérapies cognitivo-comportementales (TCC).
| ✊ IAMSTRONG répond aux besoins spécifiques des enfants, adolescents et jeunes adultes, en les aidant à prendre confiance en eux, à dépasser leurs blocages et à trouver leur place à l’école, dans leurs études et dans la vie quotidienne. En savoir plus |
Ce que vivent les jeunes anxieux au quotidien
L’anxiété, chez les enfants et les jeunes adultes, ne se résume pas à des crises spectaculaires ou à une peur clairement identifiée. Elle s’infiltre dans la vie quotidienne, souvent en silence. Ce n’est pas seulement « avoir peur », mais vivre chaque journée avec un fond d’inquiétude, de tension, de vigilance.
Elle prend mille visages : agitation, repli, perfectionnisme, fatigue, colère. Et, très souvent, elle passe inaperçue.
Un corps toujours en alerte
Les jeunes anxieux vivent dans un état d’hypervigilance. Leur système nerveux, censé se calmer après un stress, reste activé trop longtemps. Résultat : le corps fonctionne comme un moteur qui ne s’arrête jamais.
Cela peut se traduire par :
- des douleurs abdominales ou des maux de tête fréquents ;
- une respiration courte, une impression d’oppression dans la poitrine ;
- des troubles du sommeil ;
- une fatigue chronique, même après une nuit complète.
L’enfant ou l’adolescent ne « fait pas semblant » : ces sensations sont réelles, car le corps et le mental sont intimement liés.
Lorsque l’anxiété s’installe, le cerveau envoie sans cesse des signaux d’alerte, même sans danger réel. C’est ce qui explique pourquoi les jeunes ont parfois du mal à « se détendre », même dans un environnement sécurisant.
À l’école, la peur de ne pas être à la hauteur
L’école, le collège ou le lycée sont des lieux où se concentrent les plus grandes sources d’anxiété : le regard des autres, les évaluations, les prises de parole, la peur de l’erreur.
Beaucoup d’enfants ou d’adolescents ressentent une pression constante : celle de réussir, de plaire, de ne pas décevoir. Ils redoutent de se tromper, de bafouiller, d’être interrogés sans savoir répondre.
Certains développent des comportements d’évitement : rester discret pour ne pas être remarqué, demander à aller à l’infirmerie avant un exposé, ou « oublier » volontairement un contrôle. D’autres, au contraire, cherchent à tout contrôler : révisions excessives, perfectionnisme, besoin d’approbation.
Ces comportements ne traduisent pas un manque de motivation, mais une peur profonde de l’échec et du jugement. L’école devient alors un terrain d’émotions intenses où la moindre erreur semble lourde de conséquences.
Le regard sur soi, source d’angoisse
À l’adolescence, le rapport au corps et à l’image prend une importance nouvelle. Les transformations physiques, parfois rapides, peuvent susciter gêne, honte ou comparaison.
Sur les réseaux sociaux, les modèles de réussite, de beauté et de popularité exercent une pression subtile mais constante. Un simple commentaire ou une photo « ratée » suffit à réveiller des doutes : « Suis-je normal·e ? », « Est-ce que les autres me trouvent bizarre ? ».
Cette insécurité peut générer une anxiété diffuse liée à l’apparence ou à la peur du rejet. Les jeunes peuvent alors éviter les situations sociales (sorties, photos, vidéos), ou au contraire surinvestir leur image, à la recherche d’une validation permanente.
Des relations sociales parfois épuisantes
Les relations entre pairs sont essentielles à cet âge, mais elles peuvent devenir une source majeure d’anxiété. La peur d’être jugé·e, d’être mis·e à l’écart ou de dire « la mauvaise chose » occupe beaucoup d’espace mental.
Certains jeunes se montrent très sociables mais épuisés après chaque interaction, car ils surveillent en permanence leurs paroles et leurs gestes. D’autres préfèrent se mettre en retrait pour éviter l’inconfort, au risque de se sentir isolés.
Cette tension relationnelle peut être aggravée par les échanges numériques : notifications incessantes, malentendus par message, peur de ne pas répondre « comme il faut ». Un simple silence de quelques heures sur un groupe peut suffire à déclencher une spirale d’inquiétude.
Le numérique, miroir amplificateur
Les écrans et les réseaux sociaux ont profondément modifié la façon dont les jeunes vivent leur anxiété. Ils y trouvent du soutien, de l’humour, des conseils, mais aussi une exposition permanente à des contenus anxiogènes : catastrophes, conflits, discours alarmistes, comparaisons sociales.
Cette stimulation constante active le stress sans que le cerveau ait le temps de se reposer. La peur de « rater quelque chose » (le fameux FOMO, Fear Of Missing Out) maintient une attention dispersée, tandis que la recherche de validation (« likes », vues, abonnés) alimente la dépendance émotionnelle aux écrans.
Les jeunes adultes, en particulier, peuvent ressentir une pression diffuse : celle de devoir « réussir sa vie » le plus tôt possible. Sur les réseaux, tout semble aller vite : études parfaites, couple idéal, vie stable à 22 ans. Ce décalage entre réalité et apparences renforce la comparaison, donc le stress.
Un mental saturé, difficile à apaiser
L’anxiété se manifeste souvent par un flot continu de pensées : « Et si je n’y arrivais pas ? », « Et si quelque chose se passait mal ? », « Et si on se moquait de moi ? ». Ces ruminations créent une impression d’enfermement mental, comme un fond sonore permanent.
Certains jeunes se distraient pour ne plus y penser (séries, jeux, réseaux), mais ces pauses n’apaisent que brièvement. Le retour du calme semble alors impossible, et l’insécurité grandit.
À long terme, cette hyperactivité mentale peut nuire à la concentration, à la mémoire, et même à la créativité. L’esprit est occupé à gérer le stress plutôt qu’à apprendre, imaginer ou s’ouvrir aux autres.
La solitude émotionnelle
L’un des aspects les plus douloureux de l’anxiété est la sensation d’être seul avec ce qu’on ressent. Beaucoup de jeunes n’osent pas en parler, de peur de « paraître faibles » ou de « faire de la peine » à leurs proches. D’autres ont déjà entendu des phrases comme :
« Tu stresses pour rien. »
« Arrête de tout analyser. »
Ces réponses, même bien intentionnées, ferment souvent le dialogue. Le jeune se tait, sourit, mais continue de souffrir en silence.
Aider son enfant ou son ado à apaiser ses angoisses
Soutenir un enfant ou un adolescent anxieux, c’est avancer sur un fil d’équilibre : entre protection et autonomie, entre écoute et accompagnement. L’idée n’est pas de supprimer la peur, mais d’apprendre à la traverser ensemble. Car l’anxiété ne disparaît pas sous l’injonction du calme : elle s’apaise grâce à la compréhension, la régularité et la confiance.
Accueillir avant de raisonner
Face à un jeune anxieux, la première réaction naturelle est souvent de le rassurer :
« Ne t’inquiète pas, tout va bien se passer. »
Ces mots partent d’une bonne intention, mais ils ne suffisent pas. Lorsqu’un jeune est submergé par l’angoisse, il n’a pas besoin qu’on minimise son ressenti, il a besoin qu’on le reconnaisse.
👉 Accueillir, c’est dire :
« Je vois que tu as peur, et c’est ok de ressentir ça. »
Cela ne renforce pas la peur : au contraire, cela montre qu’elle peut être entendue sans jugement. Un enfant qui se sent compris retrouve un sentiment de sécurité intérieure, première étape pour s’apaiser.
💡 Astuce : quand votre ado panique, essayez d’abord de nommer l’émotion avant d’apporter une solution.
« Tu sembles stressé·e, tu veux qu’on en parle ou tu préfères un moment au calme ? »
Créer un cadre sécurisant et prévisible
L’anxiété aime l’imprévu ; le cerveau anxieux, lui, a besoin de repères. Mettre en place un cadre de vie clair aide le jeune à savoir à quoi s’attendre. Ce n’est pas une question d’autorité, mais de stabilité émotionnelle.
Quelques repères simples à instaurer quelque soit l’âge :
- Des horaires réguliers pour les repas et le sommeil.
- Un moment de transition apaisant le soir (musique douce, lecture, lumière tamisée).
- Des rituels de séparation positifs : une phrase, un geste, une blague avant de partir à l’école ou au travail.
Ces petits ancrages créent un sentiment de contrôle, très apaisant pour un enfant ou un adolescent sujet à l’anxiété.
💡 Astuce : lorsque des changements sont prévus (voyage, nouvel établissement, rencontre importante), préparez-les ensemble. Visualiser les étapes réduit fortement la peur de l’inconnu.
Parler de la peur sans la dramatiser
Les jeunes anxieux évitent souvent les discussions sur leurs peurs. Ils craignent d’inquiéter leurs parents ou d’être jugés. Pourtant, parler de ses inquiétudes permet de diminuer leur intensité.
L’objectif n’est pas de chercher une explication immédiate, mais d’ouvrir un espace où l’enfant peut exprimer ce qu’il ressent sans censure.
Quelques pistes de dialogue :
- « Qu’est-ce qui t’a semblé difficile aujourd’hui ? »
- « Qu’est-ce qui te fait peur dans cette situation ? »
- « Est-ce que tu sais ce dont tu aurais besoin quand ça t’arrive ? »
Parfois, la parole ne vient pas. Et c’est normal. On peut alors passer par d’autres supports : dessin, musique, jeu, ou promenade. Le mouvement et la créativité libèrent souvent ce que les mots retiennent.
⚠️ Ce qu’il vaut mieux éviter :
- Les comparaisons (« Ta sœur n’a jamais eu peur de ça »).
- Les injonctions (« Allez, ce n’est pas grave ! »).
- Les rationalisations trop rapides (« Tu vois bien qu’il ne se passe rien »).
Mieux vaut rester dans l’écoute et la reformulation :
« Tu penses que ça pourrait mal se passer, c’est ça ? »
« Qu’est-ce qui te rassurerait dans ce cas ? »
Aider à reconnaître les signes du stress
Beaucoup de jeunes ne réalisent pas qu’ils sont anxieux : ils ressentent la tension dans leur corps sans en comprendre la cause. Apprendre à repérer les signes de stress est une étape clé vers l’autonomie émotionnelle. Vous pouvez les y aider en observant ensemble :
- les changements physiques (tension, respiration rapide, ventre serré) ;
- les pensées automatiques (« Et si ça se passait mal ? ») ;
- les comportements d’évitement (se refermer, reporter, fuir).
Une fois identifiés, ces signaux deviennent des indicateurs d’alerte, et non des ennemis. Le jeune comprend alors qu’il peut agir dès les premiers signes, avant que la crise ne monte.
💡 Exercice simple à faire ensemble :
Le « feu tricolore des émotions » :
- 🔴 Rouge → je sens que ça monte, je m’arrête, je respire.
- 🟠 Orange → je me calme avec une activité (dessin, respiration, musique).
- 🟢 Vert → je peux reprendre ce que je faisais.
Un repère visuel clair et ludique, particulièrement efficace chez les plus jeunes.
Introduire des moments de régulation
L’anxiété ne se contrôle pas uniquement par la parole : le corps doit aussi être impliqué. Intégrer des moments de détente sensorielle dans la routine quotidienne aide à réguler le système nerveux. Quelques pratiques accessibles :
- Respiration consciente : inspirer lentement par le nez, expirer longuement par la bouche. Trois minutes suffisent.
- Activité physique : marche, vélo, danse, natation. Le mouvement aide le corps à éliminer les hormones du stress.
- Temps calme : lecture, méditation guidée, jeux de société, dessin, jardinage.
- Contact avec la nature : observer, toucher, sentir. Les études montrent que 20 minutes dans un environnement naturel réduisent significativement le taux de cortisol (hormone du stress).
L’important n’est pas la technique, mais la régularité : ces moments de calme deviennent, à la longue, des points d’ancrage dans le quotidien.
Encourager la progression, pas la perfection
La peur se nourrit de l’évitement. Pour aider un jeune à en sortir, il faut lui permettre de s’exposer progressivement à ce qui l’inquiète, sans le brusquer. Cela peut se faire en trois étapes :
- 1. Observer : identifier la situation qui déclenche l’angoisse.
- 2. Fractionner : diviser cette situation en étapes accessibles (par exemple, parler devant un ami, puis une petite classe, puis tout le groupe).
- 3. Valoriser : souligner chaque effort, sans exagérer.
Ce processus s’inspire des thérapies cognitivo-comportementales (TCC), utilisées par de nombreux psychologues et coachs spécialisés.
💬 Exemple d’encouragement :
« Tu as réussi à aller jusqu’à la porte, c’est déjà une belle avancée. »
« Ce n’est pas grave si tu n’as pas tout fait aujourd’hui, tu progresses pas à pas. »
Donner l’exemple d’un rapport apaisé au stress
Les enfants et adolescents observent plus qu’ils n’écoutent. La manière dont un parent gère son propre stress influence directement leur façon d’y réagir. Sans culpabilité, il peut être utile de montrer par l’exemple :
« Je suis un peu tendu·e aujourd’hui, alors je vais faire une pause pour respirer. »
Ce type de modèle enseigne la régulation émotionnelle par imitation. Cela normalise le fait de ressentir du stress, et d’y répondre de manière saine. Les jeunes apprennent alors que l’anxiété n’est pas un ennemi, mais un signal auquel on peut répondre avec douceur.
Consulter sans attendre si la peur devient envahissante
Quand l’anxiété prend trop de place (isolement, crises de panique, absences scolaires, insomnie persistante), un accompagnement professionnel est nécessaire. Cela ne signifie pas que la situation est grave, mais simplement qu’il faut des outils adaptés. Les approches les plus efficaces chez les jeunes :
- Les TCC (Thérapies Cognitivo-Comportementales) : elles aident à identifier les pensées automatiques et à les transformer.
- La relaxation ou la méditation guidée, souvent intégrées au suivi.
- Le coaching psychoéducatif, pour apprendre à se connaître et à gérer son stress au quotidien.
Chez IAMSTRONG, les coachs et psychologues certifiés travaillent avec les jeunes sur ces trois axes :
- Comprendre les mécanismes de leur anxiété.
- Apprendre à repérer les signaux précoces.
- Mettre en place des outils concrets pour agir (respiration, planification, affirmation de soi).
Quelques ressources inspirantes
Voici une belle sélection de ressources, livres et podcasts, qui abordent de façon concrète l’anxiété et les phobies chez les jeunes (et peuvent tout à fait intéresser les parents d’ados).
📚 Livres
- Enfant et l’adolescent anxieux, Dominique Servant : un ouvrage sérieux écrit par un médecin psychiatre, qui passe en revue les peurs, angoisses et phobies de l’enfance à l’adolescence et fournit des conseils pour les aider. Par exemple, il explique comment distinguer les peurs « normales » et celles qui justifient une attention.
- Alex : Surmonter l’anxiété à l’adolescence, Nathalie Parent : un livre adressé aux adolescents (et utile pour les parents) qui cherche à mettre des mots sur l’anxiété, avec des exercices pratiques.
- Anxiété chez l’enfant et l’adolescent, Sophie Leroux : un guide récent (2023) qui offre des stratégies adaptées pour accompagner l’enfant anxieux de façon harmonieuse.
- Guérir l’anxiété de nos enfants – Sans médicament, ni thérapie, Louise Reid : ce livre s’adresse aux parents et propose des actions simples pour aider les enfants à retrouver un équilibre émotionnel.
🎧 Podcasts
- Mieux comprendre la santé mentale des ados : podcast sur Spotify, avec des épisodes consacrés à la santé mentale des adolescents, y compris l’anxiété.
- Apprendre à aider – Épisode « Aider un ado » : un épisode dédié à comment accompagner un adolescent en détresse, avec des secouristes en santé mentale, utile pour les parents.
- Éco‑Émois : ce podcast aborde notamment les peurs des jeunes face aux enjeux actuels (crise climatique, incertitude), ce qui croise aussi l’anxiété de nos ados.
L’anxiété n’est pas une faiblesse, c’est un signal. Et bien accompagnée, elle devient une force : celle d’apprendre à se connaître, à réguler ses émotions et à grandir plus sereinement. Les parents ont un rôle clé : pas pour « guérir » la peur, mais pour offrir un cadre stable, une écoute sincère et une confiance solide.
Avec le bon soutien, chaque jeune peut apprendre à apprivoiser ses angoisses et retrouver le plaisir d’avancer. 🌈
🫶 Chez IAMSTRONG, nous aidons les adolescents à reprendre confiance, à comprendre leurs émotions et à trouver leurs propres outils pour aller mieux, ensemble.