
Votre enfant parle peu, mélange encore certains sons à 5 ans, ou peine à apprendre à lire alors qu’il est en CP. À l’école, son enseignante évoque des difficultés, et autour de vous, on vous suggère « peut-être un bilan orthophonique ». 🤔
C’est une démarche dont on entend souvent parler, sans toujours savoir ce qu’elle recouvre concrètement. Est-ce vraiment utile ? Est-ce que ça veut dire que mon enfant a un trouble ? Et si finalement, il n’avait simplement besoin que d’un peu plus de temps ?
Le bilan orthophonique est justement là pour répondre à ces questions. Cet article vous propose d’y voir plus clair. 🫶
Le bilan orthophonique : à quoi sert-il concrètement ?
Le bilan orthophonique est un examen approfondi mené par un orthophoniste, professionnel de santé diplômé d’État. Son objectif est de comprendre comment votre enfant communique, parle, lit, écrit, ou utilise le langage au quotidien.
Concrètement, le bilan permet de :
- évaluer les capacités de langage oral et écrit de l’enfant ;
- identifier les éventuelles difficultés et leur origine ;
- distinguer ce qui relève d’un retard simple (et qui se résorbera avec le temps) de ce qui nécessite un accompagnement ;
- proposer une orientation adaptée si besoin.
En France, l’orthophonie occupe une place importante dans le parcours de soins des enfants. Selon une étude de la DREES publiée en janvier 2024, près de 1 250 000 enfants ou adolescents de moins de 18 ans ont consulté au moins une fois un orthophoniste en 2019, soit près de 9 % de la classe d’âge.
La moitié d’entre eux étaient âgés entre 6 et 10 ans, et les garçons consultent davantage que les filles (59 % contre 41 %).
Quels troubles du langage et des apprentissages le bilan permet-il de repérer ?
Un orthophoniste ne s’occupe pas uniquement des « problèmes de prononciation », contrairement à une idée encore très répandue. Son champ d’action est en réalité bien plus large.
Les troubles du langage oral : parler et comprendre
Chez l’enfant, le bilan peut explorer :
- la prononciation (articulation des sons, par exemple le « ch » ou le « r »)
- la fluidité de la parole (bégaiement, hésitations)
- l’organisation du discours (capacité à raconter, structurer ses idées)
- la compréhension orale (comprendre une consigne, une histoire)
Les troubles du langage écrit : lire et écrire
C’est souvent à l’école que les difficultés du langage écrit deviennent visibles. Le bilan peut repérer :
- des difficultés de lecture (lenteur, déchiffrage laborieux, confusion de lettres) ;
- des troubles de l’orthographe ;
- des difficultés à comprendre un texte lu seul ;
- des difficultés à écrire (graphie, organisation des idées).
Les difficultés de communication au sens large
L’orthophoniste s’intéresse aussi à la manière dont l’enfant interagit avec les autres :
- prendre la parole
- attendre son tour
- comprendre les implicites
- entrer en relation
Ces aspects sont particulièrement importants chez certains enfants (notamment en cas de difficultés de communication).
D’autres domaines peuvent également être évalués selon les besoins : la déglutition, la voix, ou encore le raisonnement logico-mathématique.
Retard de langage ou trouble dys : comment faire la différence ?
C’est l’une des questions qui inquiètent le plus les parents : « Est-ce que mon enfant va rattraper son retard, ou est-ce que c’est plus profond ? » Et c’est précisément là que le bilan orthophonique vous apporte une réponse.
Un retard de langage correspond à un développement du langage qui se met en place plus lentement que la moyenne, mais qui suit une évolution normale. L’enfant finit par rattraper ses pairs, parfois sans intervention, parfois avec un coup de pouce ponctuel.
Un trouble spécifique du langage, en revanche, est une difficulté durable qui ne disparaît pas spontanément. On parle alors de troubles spécifiques du langage et des apprentissages, ce que l’on regroupe parfois sous le terme « troubles DYS » : dyslexie, dysorthographie, dysphasie, etc.
Selon la Haute Autorité de Santé, ces troubles concerneraient près de 8 % des enfants d’âge scolaire en France. Cela représente, en moyenne, 1 à 2 enfants par classe. Ces troubles ne sont pas liés à l’intelligence, ni au manque d’effort. Ils nécessitent un accompagnement pour permettre à l’enfant de continuer à apprendre dans de bonnes conditions. ☺️
| Retard de langage | Trouble du langage |
| Évolution naturelle vers la norme | Difficulté qui persiste sans accompagnement |
| Surveillance souvent suffisante | Prise en charge orthophonique nécessaire |
| Pas d’impact majeur sur les apprentissages | Impact possible sur la scolarité et la confiance |
Que se passe-t-il après le bilan orthophonique de votre enfant ?
Une fois le bilan réalisé, l’orthophoniste vous restitue ses observations et vous propose une orientation adaptée. Plusieurs pistes sont possibles :
- Pas de prise en charge nécessaire : l’enfant est dans la norme, ou présente un retard léger qui ne justifie pas d’intervention. Une simple surveillance suffit.
- Suivi orthophonique : des séances régulières sont prescrites, avec des objectifs précis (travailler la lecture, l’articulation, la compréhension, etc.).
- Orientation vers d’autres professionnels : si l’orthophoniste suspecte une autre origine aux difficultés (problème auditif, attentionnel, psychologique, neurodéveloppemental), il peut recommander une consultation complémentaire chez un ORL, un psychologue, un neuropsychologue, un psychomotricien, ou encore un pédopsychiatre.
L’orthophoniste est souvent en première ligne dans le parcours de soins de l’enfant. C’est fréquemment lui qui détecte les premiers signes d’un trouble plus large et oriente la famille vers les bons interlocuteurs. 🤝
Mieux comprendre les besoins de son enfant grâce au bilan
Quand on est parent, vivre dans le doute est épuisant. Se demander si son enfant va y arriver, si on en fait assez, si on aurait dû agir plus tôt… c’est un poids quotidien, souvent invisible. 💭
Le bilan orthophonique, même quand il ne débouche pas sur une prise en charge, a un mérite immense : il met des mots sur ce que vit votre enfant.
Que retire-t-on concrètement d’un bilan ?
- un diagnostic des difficultés observées
- des repères concrets sur le développement de son enfant ;
- une réassurance quand tout va bien (« il n’a pas de trouble, il a juste besoin de plus de temps ») ;
- un plan d’action quand un accompagnement est nécessaire ;
- des aménagements conseillés pour faciliter le quotidien dans le cadre scolaire;
- la certitude d’agir plutôt que de subir l’inquiétude.
Beaucoup de parents repartent du bilan avec un sentiment de soulagement, même quand des difficultés sont identifiées. N’hésitez jamais à demander des conseils à l’orthophoniste en sortant de cette phase de bilan même si celui-ci affirme que l’enfant n’a pas de trouble. Comment l’aider à la maison ? Comment soulager son effort de lecture ? Quels jeux de société vont favoriser son raisonnement ? Quelle attitude et routines adoptées pour développer davantage son langage ?
Pourquoi un bilan orthophonique précoce change tout pour votre enfant ?
C’est sans doute le point le plus important de cet article. En matière de langage et d’apprentissages, le facteur temps est important.
Plus un trouble est repéré tôt, plus l’accompagnement est efficace, et moins l’enfant a le temps de cumuler les conséquences en cascade :
- des apprentissages scolaires qui décrochent les uns après les autres ;
- une confiance en soi abimée (« je suis nul », « j’y arriverai jamais ») ;
- des relations sociales parfois compliquées si l’enfant a du mal à se faire comprendre ;
- une fatigue mentale liée à l’effort constant pour suivre le rythme.
Comme le souligne le guide de la HAS de 2017, les conséquences des troubles dys sur la vie quotidienne, les apprentissages scolaires, mais aussi plus tard sur la vie sociale et professionnelle, peuvent être prévenues ou atténuées par une prise en charge précoce et adaptée.
Comment se déroule un bilan orthophonique chez l’enfant ?
Beaucoup de parents imaginent un examen long, technique, voire intimidant pour leur enfant. La réalité est bien plus douce. 😌
Le bilan se déroule généralement en plusieurs étapes :
- L’échange initial avec les parents : l’orthophoniste recueille des informations sur le développement de l’enfant, son histoire, ses habitudes, les motifs de consultation. C’est aussi le moment où vous pouvez exprimer vos inquiétudes.
- L’évaluation avec l’enfant : à travers des jeux, des images, des histoires, des exercices adaptés à son âge. Pour l’enfant, cela ressemble souvent à des activités plus qu’à un « test ». Les résultats sont ensuite analysés par rapport à cette norme, et situés sur une échelle : dans la norme, fragiles ou déficitaires. Cette lecture précise permet d’identifier les points forts de l’enfant autant que ses zones de difficulté, et d’orienter l’accompagnement de manière ciblée. La durée varie en général entre 1 h et 2 h, parfois réparties sur deux séances lorsque c’est nécessaire pour respecter le rythme de l’enfant. s
- La restitution : l’orthophoniste vous explique ce qu’il a observé, ses conclusions, et propose une orientation (suivi, surveillance, orientation vers un autre professionnel).
Chez IAMSTRONG, vous avez la possibilité de réaliser un bilan orthophonique pour votre enfant dans un cadre rassurant, depuis chez vous, en visio.
👉 Un environnement familier qui aide souvent l’enfant à être plus à l’aise.
👉 Sans délai d’attente, avec une mise en relation rapide avec un orthophoniste.
Nos professionnels adaptent l’évaluation à chaque âge et à chaque enfant.
La restitution est claire, accessible aux parents, et toujours accompagnée de pistes concrètes pour la suite.
Faut-il faire un bilan orthophonique pour tous les enfants ?
Non, et c’est important de le préciser. Tous les enfants n’ont pas besoin d’un bilan, et tous les parents inquiets n’ont pas forcément raison de l’être. 😉
Dans certaines situations, une simple surveillance peut suffire :
- un enfant de 2 ans qui parle peu mais comprend tout ;
- un enfant de 4 ans qui a encore quelques difficultés d’articulation ;
- un enfant qui a vécu un événement particulier (déménagement, naissance d’un frère ou d’une sœur, adaptation scolaire) et dont les difficultés semblent passagères.
Le médecin traitant ou le pédiatre est souvent un bon premier interlocuteur. Il connaît votre enfant, peut suivre son évolution, et orienter vers un bilan si les difficultés persistent.
Les enseignants peuvent aussi vous faire des retours. À l’école, ils voient l’enfant dans un contexte d’apprentissage et de relation aux autres. Une remarque récurrente d’un enseignant (« il a du mal à suivre », « il bloque sur la lecture ») mérite d’être prise au sérieux, sans pour autant être reçue comme une fatalité.
À l’inverse, certains signaux justifient de consulter :
- un enfant qui ne dit pas de mots vers 18-24 mois ;
- des difficultés de prononciation marquées au-delà de 5 ans ;
- une lenteur ou un blocage important en CP / CE1 face à la lecture ;
- des difficultés persistantes en orthographe ou en compréhension écrite ;
- un évitement de l’école, une perte de confiance liée aux apprentissages.
Quelques ressources pour mieux accompagner votre enfant
🗣️ Conférences IAMSTRONG
« L’été arrive : 10 stratégies validées pour donner le goût de la lecture à vos enfants (8–14 ans) », avec Charlotte Masse, orthophoniste.
Mardi 16 juin, 13 h – 14 h, heure de Paris.
Une conférence pour les parents d’enfants de 8 à 14 ans : des stratégies concrètes et validées pour (re)donner à votre enfant le plaisir de lire pendant les vacances d’été. Replay disponible pendant 7 jours après l’événement. Lien envoyé 24h avant la conférence.
« C’est la rentrée : les conseils d’une orthophoniste sur les devoirs qui vont changer votre année », avec Charlotte Masse, orthophoniste.
Mardi 15 septembre, 13 h – 14 h, heure de Paris.
Une conférence pratique pour transformer le moment des devoirs en temps apaisé et efficace, et démarrer l’année avec des repères clairs. Replay disponible pendant 7 jours après l’événement. Lien envoyé 24h avant la conférence.
📚 Livres
« L’enfant dys, 10 clés pour l’accompagner et le valoriser », Françoise Chée, Éditions Hatier. Pour les parents.
Un guide concret et accessible pour comprendre les troubles dys, savoir vers qui se tourner pour un diagnostic, et accompagner son enfant à l’école comme à la maison.
« 100+ idées pour venir en aide aux élèves dyslexiques », Gavin Reid et Shannon Green, Éditions Tom Pousse.
Pour les parents et enseignants.
Une référence régulièrement enrichie, qui propose des stratégies concrètes pour soutenir un enfant dyslexique au quotidien, à la maison comme en classe.
« J’aide mon enfant en retard de langage », Suzel Rocher et Aurélia Stéphanie Bertrand, Éditions Larousse.
Pour les enfants et les parents.
Élaboré par une orthophoniste spécialiste du retard d’acquisition du langage, ce livre propose 47 jeux simples pour stimuler le langage à la maison, en complément des séances chez un professionnel.
« Aider son enfant à parler et communiquer, 50 fiches contre le bégaiement et le bredouillement », Véronique Aumont Boucand et Elisabeth Vincent, De Boeck Supérieur.
Pour les enfants et les parents.
Un livre pratique signé par deux orthophonistes spécialistes du bégaiement, qui propose des fiches simples et concises pour soutenir efficacement un enfant en difficulté de communication.
🎙 Podcasts
« L’orthophonie simplement », Lorianne Lacerte.
Un podcast animé par une orthophoniste qui propose des conseils concrets pour soutenir le développement langagier des enfants au quotidien. De nombreux épisodes traitent du retard de langage, des troubles dys, du rôle des parents et de la stimulation langagière à la maison.
« FNO’cast », Fédération Nationale des Orthophonistes.
Une série de podcasts produits par la Fédération Nationale des Orthophonistes, qui aborde différentes pathologies et spécificités de la prise en charge orthophonique : oralité, prématurité, surdité, troubles du langage, etc.
Questions fréquentes sur le bilan orthophonique chez l’enfant
À partir de quel âge peut-on faire un bilan orthophonique ?
Un bilan peut être réalisé dès 3 ans, voire avant si l’enfant ne développe pas le langage. Il n’y a pas d’âge limite. Certains enfants font leur premier bilan à l’adolescence, notamment pour des difficultés en lecture ou en écriture qui se révèlent tardivement.
Est-ce que tous les enfants en ont besoin ?
Non. La plupart des enfants suivent un développement du langage normal et n’ont pas besoin de bilan. Celui-ci est utile lorsqu’on observe des difficultés persistantes ou inquiétantes, ou quand un médecin ou un enseignant le suggère.
Le bilan est-il douloureux ou stressant pour l’enfant ?
Pas du tout. Il se déroule sous forme d’échanges, de jeux et d’exercices adaptés à l’âge. La plupart des enfants vivent le bilan comme un moment plutôt agréable, car l’orthophoniste s’adapte à eux et instaure un climat rassurant.
Combien de temps dure un bilan orthophonique ?
En général, entre 1 h et 2 h, parfois réparties sur deux séances pour ne pas fatiguer l’enfant. Cela inclut l’échange avec les parents, l’évaluation et la restitution.
Lorsqu’un enfant montre des signes de difficulté à parler, lire, écrire ou se faire comprendre, un bilan orthophonique lui donne les moyens d’apprendre et de grandir dans les meilleures conditions, en identifiant précisément ce dont il a besoin. Et pour vous, parent, c’est sortir du doute et avancer avec des repères clairs. 💛
Pour explorer d’autres sujets liés à la scolarité, au langage ou au bien-être de votre enfant, rendez-vous sur le blog IAMSTRONG.