Résolutions sans pression : aider votre ado à se fixer des intentions qui font du bien

 

Chaque début d’année, les réseaux sociaux se remplissent de promesses : « 2026 sera mon année ! », « je me reprends en main ! », « nouveau départ ! ». Et nos ados, eux, voient passer tout cela. 

Certains y croient à fond et font des listes d’objectifs dans un carnet flambant neuf ; d’autres lèvent les yeux au ciel : « De toute façon, ça ne sert à rien, j’y arriverai pas. »

Entre envie de bien faire et peur de décevoir, beaucoup d’adolescents se retrouvent coincés entre la motivation et la pression. Vous, parent, observez cela avec tendresse et parfois un brin d’inquiétude : comment l’aider sans le stresser ? Comment lui donner confiance sans lui imposer une réussite à tout prix ?

Et si on changeait simplement de mot ? Plutôt que de « résolutions », parlons d’intentions. Parce qu’une intention, ça ne juge pas. Ça guide. Ça met en mouvement, sans culpabilité. 🌱

 

Quand les « bonnes résolutions » deviennent une source de stress

Un cerveau adolescent qui veut bien faire… mais qui s’épuise vite

Les parents le constatent souvent : leur ado est plein de bonne volonté au départ, mais se décourage assez vite. Ce phénomène n’a rien d’un caprice. Il s’explique par la biologie.

Le cerveau adolescent est encore en plein développement, notamment le cortex préfrontal, la zone qui régule la planification, le contrôle de soi et la prise de décision. En clair, cette partie du cerveau gère la capacité à se fixer un but, à s’y tenir, à s’adapter quand ça ne fonctionne pas. Elle ne sera totalement mature qu’autour de 24 à 25 ans.

Conséquence : les jeunes ont souvent une motivation très intense… mais de courte durée. Ils partent fort, s’investissent à fond, puis se découragent dès que le résultat n’arrive pas assez vite. Et parce qu’ils ont tendance à se juger sévèrement, ils interprètent ce découragement comme une « faiblesse ».

Ce mécanisme génère un cercle vicieux : plus ils se sentent incapables de tenir leurs résolutions, plus ils doutent d’eux-mêmes, et moins ils osent se relancer. 😟

Le rôle du parent n’est donc pas de « renforcer la discipline », mais d’aider à comprendre ce fonctionnement pour éviter que la culpabilité ne s’installe.

L’influence des réseaux sociaux dans la pression de performance

À l’adolescence, le regard des autres compte énormément. Et aujourd’hui, ce regard dépasse largement le cercle familial ou scolaire : il passe par les écrans, en continu.

Sur TikTok, Instagram ou YouTube, les jeunes sont exposés à des modèles de réussite permanente : corps parfaits, routines matinales millimétrées, emplois du temps « optimisés », objectifs ambitieux (« lire 30 livres cette année », « se lever à 5 h du matin », « manger clean »).

Une étude Fondation Jean-Jaurès/BVA (2023) montre d’ailleurs que près d’1 jeune sur 2 se sent influencé par ces images, au point de vouloir modifier son apparence ou ses habitudes pour « être à la hauteur ».

Ces contenus sont souvent présentés comme « inspirants », mais pour un adolescent en construction, ils peuvent être perçus comme des injonctions déguisées. L’ado ne voit pas les coulisses : la fatigue, les filtres, les montages, la mise en scène. Il retient seulement : « eux, ils y arrivent, pas moi. »

La conséquence ? Des jeunes qui se fixent des résolutions qui ne viennent pas d’eux, mais de ce qu’ils pensent « devoir être ». Et quand la motivation retombe, la déception est double : ils se sentent incapables et « anormaux ». 🥴

La pression du résultat : quand la volonté se transforme en anxiété

Derrière la plupart des résolutions se cache une idée de performance : « faire mieux », « faire plus », « réussir davantage ». Mais pour un adolescent, cette logique peut vite devenir étouffante.

Les attentes scolaires, sportives ou sociales sont déjà nombreuses. Ajouter des résolutions à ce quotidien revient parfois à charger un mental déjà saturé. L’ado commence avec enthousiasme, puis réalise qu’il n’a ni le temps ni l’énergie nécessaires. À ce moment-là, il ne se dit pas : « j’ai visé trop haut ». Il se dit : « je suis nul·le ».

Cette auto-culpabilisation est fréquente. Elle alimente l’anxiété de performance, un trouble de plus en plus répandu chez les jeunes. Le risque est que la résolution, censée donner confiance, devienne une source d’angoisse. L’ado s’isole, évite de parler de ses échecs, voire renonce à toute forme d’objectif par peur de revivre cette déception.

 

Passer des résolutions aux intentions : un changement de regard

Les résolutions classiques fonctionnent souvent sur un schéma rigide : « je décide », « je m’impose », « je tiens ». C’est une logique de résultat, de performance. Les intentions, elles, ouvrent un autre espace : celui de la progression, du sens et du ressenti.

L’adolescence est justement le moment idéal pour apprendre cette différence, parce qu’à cet âge, tout est apprentissage, surtout la manière de se parler à soi-même.

La notion d’intention

Une intention, c’est une direction, pas une règle. Elle aide l’adolescent·e à savoir où il ou elle veut aller, sans se juger sur la vitesse ni sur le chemin choisi.

Là où une résolution impose un objectif fixe (« Je dois faire du sport 3 fois par semaine »), une intention exprime un besoin ou une envie (« J’ai envie de me sentir plus en forme » ou « J’aimerais bouger un peu plus dans mes journées »).

Cette nuance, en apparence minime, change tout :

  • Elle diminue la peur de l’échec, puisque l’objectif n’est plus binaire (réussi ou raté).
  • Elle valorise la démarche personnelle : l’ado agit parce que cela fait sens pour lui, pas pour répondre à une norme extérieure.
  • Elle installe de la flexibilité : on peut ajuster, faire une pause, recommencer autrement, sans perdre confiance.

Les intentions permettent ainsi de passer d’une logique de contrôle à une logique de croissance personnelle.

Une approche soutenue par la psychologie positive

Les travaux en psychologie positive montrent qu’un objectif fondé sur le plaisir, la curiosité ou la satisfaction a beaucoup plus de chances d’être tenu qu’un objectif fondé sur la contrainte. C’est ce qu’on appelle la motivation intrinsèque : elle naît de l’envie d’agir pour soi, et non pour prouver quelque chose.

À l’adolescence, cette forme de motivation est particulièrement fragile, car les jeunes sont encore très influencés par le regard extérieur : celui des pairs, des réseaux, des adultes. Introduire la notion d’intention leur apprend à écouter leur propre voix.

Plutôt que :

« Je dois être meilleur·e. »

On peut les inviter à penser :
« J’ai envie de comprendre ce qui m’aide à me sentir bien. »

Cette posture leur apprend à identifier leurs émotions, leurs limites et leurs besoins, des compétences émotionnelles essentielles pour la vie adulte.

Redonner du sens au changement

Une résolution isole souvent un comportement (« manger mieux », « travailler plus »), sans interroger le pourquoi. L’intention, au contraire, cherche la signification profonde derrière le désir de changement.

Un adolescent qui dit « je veux mieux manger » peut, en réalité, exprimer :

  • le besoin d’avoir plus d’énergie ;
  • la volonté de se sentir bien dans son corps ;
  • ou simplement l’envie de partager des repas en famille.

Quand on l’aide à mettre des mots sur cette intention réelle, le projet devient plus concret, plus motivant et surtout plus personnalisé. Et ce qui compte n’est plus la perfection du résultat, mais la cohérence avec ce qu’il ressent.

💡 Parler d’intention, c’est passer d’une logique de contrainte à une logique de sens.

Une philosophie qui transforme aussi la relation parent-ado

En adoptant cette approche, les parents sortent du rôle du « coach exigeant » pour devenir un allié. Au lieu de contrôler les progrès, ils peuvent accompagner la réflexion :

« Qu’est-ce que tu aimerais vivre différemment cette année ? »
« Qu’est-ce qui t’aiderait à te sentir mieux au quotidien ? »

Ces échanges apaisent la relation. L’adolescent ne se sent plus évalué, mais écouté. Il apprend à faire confiance à son propre rythme, tout en sachant qu’il peut s’appuyer sur un adulte bienveillant.

Cette attitude crée un cadre rassurant, propice à la confiance mutuelle. Elle favorise aussi un apprentissage clé : comprendre que prendre soin de soi n’est pas une performance, mais une attention.

 

Comment aider son ado à formuler ses propres intentions ?

1. Créer un espace d’écoute

Avant toute chose, il s’agit d’écouter sans interrompre. Sans « tu devrais », sans « si j’étais toi ».

« Qu’est-ce qui te ferait du bien cette année ? »
« Tu as envie de changer quelque chose, ou plutôt de te sentir mieux dans ce que tu fais déjà ? »

Cette écoute authentique fait tomber la pression. Elle envoie un message fort : « Je te fais confiance pour savoir ce qui est bon pour toi. »

2. Reformuler positivement

Le cerveau enregistre mieux les intentions formulées en positif.

« Je veux arrêter de me plaindre. »
« J’aimerais apprendre à voir le positif dans ma journée. »

C’est une manière de rediriger l’énergie : on ne fuit plus un comportement, on avance vers un ressenti.

3. Découper en petites étapes

Les intentions trop générales (« je veux être plus confiant ») découragent vite. Encouragez votre ado à les transformer en mini-actions :

  • « Sourire à quelqu’un que je ne connais pas. »
  • « Participer une fois en classe cette semaine. »
  • « Prendre 10 minutes pour respirer quand je stresse. »

Chaque étape devient une victoire. Et chaque victoire, une preuve qu’il ou elle peut évoluer.

4. Célébrer les efforts, pas les résultats

Les ados sont très sensibles au regard des autres. S’ils perçoivent que vous attendez une « performance », ils risquent de se bloquer. Valorisez plutôt le chemin :

« J’ai vu que tu t’es organisé·e différemment pour tes devoirs, c’est une belle avancée. »
« Tu as pris le temps de te poser ce week-end, tu t’écoutes mieux. »

La reconnaissance sincère agit comme un carburant émotionnel. Elle nourrit la motivation sans la conditionner à un résultat.

5. Laisser place à l’expérimentation

Une intention, ça se teste. Parfois, ça marche. Parfois, non. Mais dans tous les cas, ça apprend quelque chose.

« Ok, ce que tu as essayé ne te convenait pas. Qu’est-ce que tu retiens de cette expérience ? »

Ce type de dialogue installe un climat de confiance, loin de la peur de « rater ».

 

Que faire face à la baisse de motivation de mon ado ?

Même les adultes ont du mal à garder le cap. Alors imaginez un·e ado, avec ses émotions en montagnes russes… Plutôt que de voir une baisse de motivation comme une « rechute », considérez-la comme une pause. ✨

Revenir à la source

Invitez votre ado à se souvenir du pourquoi de son intention :

« Tu avais dit que tu voulais mieux dormir pour être moins fatigué·e le matin. Est-ce que ça t’aide toujours ? »

Souvent, reconnecter au sens initial suffit à relancer l’envie.

Adapter sans culpabilité

Certaines intentions doivent simplement évoluer. Peut-être que « marcher tous les jours » devient « faire une promenade 2 fois par semaine avec un·e ami·e ». L’important, c’est que l’intention reste vivante, pas figée.

Se reconnecter au plaisir

La motivation vient rarement de la contrainte. Encouragez votre ado à retrouver des moments de plaisir sans objectif : dessiner, écouter de la musique, sortir avec des amis, cuisiner, danser, etc. Ces moments « gratuits » nourrissent la vitalité mentale.

Et si la démotivation persiste ou s’accompagne de tristesse, d’isolement ou d’irritabilité, il peut être précieux d’en parler à un·e professionnel·le.

Ressources inspirantes à partager avec votre ado

Ces ressources peuvent servir de point de départ pour des échanges légers et inspirants en famille. 📚

 

Le rôle des pros : redonner du sens et de la confiance

Chez IAMSTRONG, nos coach·s et psychologues certifié·es accompagnent les adolescents dans leurs démarches de changement avec une approche basée sur la psychologie positive et les thérapies cognitivo-comportementales (TCC). 🌿

Les séances, 100 % en visio, offrent un cadre bienveillant et personnalisé. L’accompagnement repose sur trois piliers :

  1. Comprendre les besoins et blocages du jeune.
  2. Élaborer des intentions réalistes et motivantes, adaptées à sa personnalité.
  3. Soutenir la mise en pratique avec des outils concrets et des échanges réguliers.

Cette méthode permet aux ados de renforcer leur estime d’eux-mêmes, de reprendre confiance en leurs capacités, et surtout d’apprendre à avancer sans peur de l’échec.

Aider son ado à se fixer des intentions, c’est lui apprendre à se comprendre avant de se corriger. À se relier à ses besoins plutôt qu’à ses performances. À avancer pas à pas, sans se juger.

Chaque petit effort compte : une conversation, une marche, un sourire, une idée griffonnée sur un carnet. Ces gestes simples, répétés, deviennent les fondations d’une confiance durable.

Et si, cette année, la vraie réussite, c’était simplement d’apprendre à avancer à son rythme, sans se juger ? 🌼

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