Chaque matin, certains adolescents se réveillent avec une boule au ventre à l’idée d’aller en cours. Stress, panique, crises de larmes… Pour eux, l’école est devenue une source d’angoisse insurmontable. Cette détresse, souvent incomprise, pousse certains à éviter totalement l’école, parfois pendant des mois.
Le concept de phobie scolaire est parfois difficile à comprendre pour les parents : que se passe-t-il exactement dans la tête d’un ado ? Comment savoir s’il s’agit vraiment d’une phobie ? Et, surtout, comment accompagner un adolescent en souffrance ? 🤯
Chez IAMSTRONG, on accompagne de plus en plus de jeunes qui souffrent de phobie scolaire, on est particulièrement sensibilisés à ce sujet. 🫶 On vous propose donc un article dédié pour mieux comprendre ce mal-être et adopter les bons réflexes pour accompagner votre enfant.
Phobie scolaire : de quoi parle-t-on exactement ?
Pour commencer, il est important de bien comprendre ce qu’il se cache derrière le terme de « phobie scolaire », aussi appelée « refus scolaire anxieux ». Cette souffrance n’est pas toujours facile à repérer et à mesurer.
La définition proposée par la psychologue Élodie Antoni nous paraît la plus juste :
« La phobie scolaire, pour un enfant ou un adolescent, est une situation dans laquelle l’école devient une source de souffrance qui dépasse ses ressources. Cela se traduit par une difficulté majeure ou une impossibilité régulière à y aller […] à caractère anxieux, avec somatisations fréquentes. »
Selon la dernière étude Santé publique France (2023) menée sur le sujet, 4 à 10 % des élèves français sont victimes de phobie scolaire diagnostiquée. Et l’association Phobie Scolaire rapporte que 25 % des adolescents souffrent de troubles anxieux, liés à la scolarité. 😟
Pour que l’anxiété ne vire pas à la phobie, il est important que les parents se renseignent sur le sujet et soient attentifs aux premières manifestations. Surtout, ne considérez pas la phobie scolaire comme un caprice, c’est un vrai mal-être qui paralyse les ados dans leur développement et leur apprentissage. Plus elle est détectée tôt, mieux elle sera prise en charge. 😌
Comment expliquer la phobie scolaire ?
La phobie scolaire est un mal-être multifactoriel, difficile d’en identifier la source. Parfois, il s’agit de l’expression d’une anxiété généralisée, d’autres fois, elle est le résultat d’un harcèlement scolaire, ou d’une autre raison… Il n’existe pas de cause unique, chaque phobie scolaire est différente.
👉 L’Inserm identifie plusieurs causes récurrentes qui pourraient expliquer ce mal-être, que l’institut qualifie d’ailleurs de « trouble aux mille et un visages » :
- le harcèlement scolaire, les insultes ou les menaces ;
- le sentiment d’être différent, cela concerne par exemple les adolescents neuro-atypiques ;
- les difficultés d’apprentissage ou l’échec scolaire ;
- les minorités ethniques, qui souffrent parfois d’un sentiment d’exclusion.
La phobie scolaire est encore plus répandue depuis la crise sanitaire de 2020, les jeunes ont pris l’habitude de s’isoler, de travailler en autonomie. Même le contact social devient une charge mentale pour certains d’entre eux. Selon une étude Egora :
- 38 % des jeunes en phobie scolaire établissent un lien direct avec le confinement ;
- 11,4 % parlent de l’effet « cabane », qui les a déshabitués des exigences sociales et de la pression scolaire.
👉 En conséquence, ils sont de plus en plus nombreux à solliciter des modèles d’apprentissage alternatifs :
« Le sentiment d’augmentation des refus scolaires anxieux est objectivé par l’augmentation des demandes de dispositifs alternatifs à la scolarité pour les éléments totalement ou partiellement déscolarisés depuis 2019-2020. » Dr Myriam Jarlan-Trojelli, Médecin conseiller technique à l’Éducation nationale.
On vous en parle un peu plus loin dans l’article !
Comment repérer la phobie scolaire ?
Même si la plupart des phobies scolaires se déclarent vers 11-12 ans, les premières manifestations peuvent apparaître avant :
« Il faut être attentif aux petits bobos qui empêchent l’enfant d’aller à l’école le matin, mais disparaissent pendant les vacances, et à tout changement de comportement : notes en baisse, isolement dans la cour, passages fréquents à l’infirmerie… » Odile Mandagaran, présidente de l’association Phobie Scolaire.
L’Inserm rappelle les quelques signes qui peuvent faire penser à une phobie scolaire :
- les notes en baisse ;
- l’absentéisme prolongé ;
- le refus d’aller à l’école ;
- les maux de ventre ou de tête à répétition ;
- des troubles du sommeil ou de l’alimentation ;
- une tendance à s’isoler.
Vous l’aurez remarqué, ce sont des symptômes que l’on retrouve aussi fréquemment chez les adolescents en dépression. 😶 Dans le cas d’une phobie scolaire, l’anxiété est particulièrement orientée vers l’école et tout ce qui la compose : le bus, les notes, les professeurs, la cour, la cantine…
« Le matin, j’ai les larmes aux yeux dans le bus en pensant à l’école. Parfois, j’ai mal au ventre au point de ne plus pouvoir bouger, ça me paralyse. J’ai du mal à l’expliquer à mes parents, mais ce n’est pas un caprice, c’est une vraie peur. » Aurore, 17 ans, lycéenne à Bayonne.
💡 Comme l’explique Odile Mandagaran, ces symptômes se manifestent par vagues : ils disparaissent pendant les vacances ou le week-end et réapparaissent quelques jours avant la reprise des cours, lorsque l’enfant anticipe la rentrée. Cette temporalité est un vrai indicateur d’une phobie scolaire.
Phobie scolaire : quelles conséquences si elle n’est pas prise en charge ?
Si la phobie scolaire n’est pas prise en charge, elle peut entraîner un absentéisme fréquent ou prolongé. Dans son ouvrage Le Refus scolaire anxieux, Hélène Denis en rappelle les conséquences possibles :
- désocialisation ;
- marginalisation ;
- dépression ;
- risque d’addiction aux substances psychoactives ou d’addiction comportementale.
Pour éviter que la phobie ne prenne de l’ampleur, il est indispensable de solliciter la bonne prise en charge le plus rapidement possible. L’objectif prioritaire est toujours la santé de votre enfant. ❤️ Dans un second temps, il s’agira d’explorer toutes les pistes pour l’aider à retourner à l’école ou à instaurer un nouveau rythme qui lui convient.
Mon ado souffre de phobie scolaire : comment l’aider ?
Adopter le bon discours pour accompagner son adolescent
Si vous observez des manifestations d’une phobie scolaire chez votre ado, la première étape est d’aborder le sujet avec lui. Montrez-vous compréhensif, bienveillant, et évitez les phrases culpabilisantes, comme : « Tous les ados de ton âge vont à l’école, je ne vois pas pourquoi, toi, tu n’irais pas. » Vous risquez de perdre sa confiance. 🫤
Échangez avec lui pour identifier la raison sous-jacente du refus scolaire, un harcèlement, par exemple. Gardez en tête que dans de nombreux cas, la phobie scolaire est la matérialisation d’un mal-être profond et non la conséquence de violences physiques ou psychiques vécues à l’école.
👉 Posez-lui des questions ouvertes, pour lui laisser l’opportunité de s’exprimer :
- Comment te sens-tu à l’école ?
- Est-ce qu’il y a des choses qui t’angoissent ?
- Qu’est-ce qui te motive au quotidien ?
Quelques bonnes pratiques pour l’apaiser au quotidien
En plus d’ouvrir le dialogue, vous pouvez mettre en place quelques petites choses pour l’aider au quotidien. 🌝
Voici quelques petites astuces :
- Apprendre à gérer le stress en explorant les différentes techniques, comme la cohérence cardiaque ou la visualisation.
- Mettre en place une routine rassurante (emploi du temps, repas, temps calme…), un ado bien encadré se sent aussi plus en sécurité.
- Adopter la technique des petits pas : un jour après l’autre ! Si votre ado refuse catégoriquement d’aller à l’école, ne forcez pas le retour brutal, invitez-le à reprendre le rythme petit à petit.
Quoi qu’il en soit, on vous conseille de prendre contact avec le corps enseignant pour trouver le rythme qui conviendra à votre ado.
Si vous explorez la piste des cours aménagés ou de l’enseignement à distance, vous avez besoin du regard et des conseils des professeurs, mais aussi des professionnels de santé qui accompagnent votre ado.
💡 Sachez que le CNED ou d’autres organismes proposent des programmes dédiés aux adolescents qui souffrent de phobie scolaire.
Les professionnels qui peuvent aider votre adolescent
Si votre ado souffre de phobie scolaire, il est essentiel de mettre en place un suivi complet et d’être entouré par des professionnels de santé.
👉 Le psychologue ou le coach offre un espace de parole bienveillant à votre adolescent. Ensemble, ils identifient et dénouent les racines du mal-être qui s’est cristallisé autour de l’école. N’hésitez pas à faire appel à un thérapeute spécialisé dans l’accompagnement des adolescents. L’équipe d’IAMSTRONG accompagne chaque jour des adolescents, dès 11 ans, avec une attention particulière portée aux difficultés d’apprentissage et à la phobie scolaire.
👉 Le psychiatre offre une expertise complémentaire. Il s’agit d’un médecin qui identifie clairement les symptômes de la phobie scolaire et/ou de la dépression. Il vous aiguille précisément dans le suivi à mettre en place pour apaiser votre ado. Si besoin, le psychiatre peut également proposer une prise en charge médicamenteuse.
Les ressources clés sur la phobie scolaire
Pour vous aider à y voir un peu plus clair, voici quelques ressources clés sur la phobie scolaire :
- La Phobie scolaire en 100 questions/réponses d’Estelle Caron, un très bon ouvrage pour tout comprendre.
- Le podcast « Clara et la phobie scolaire » de Radio France, pour se mettre dans la peau d’une ado qui souffre de phobie scolaire.
- L’épisode 4 de la série de podcasts « Jeunesse, le mal de vivre », intitulé « Quand l’école fait mal ? » pour approfondir les mécanismes en cause dans la phobie scolaire.
- « La phobie scolaire, que faire ? », une série de podcasts exclusivement sur le thème de la phobie scolaire, avec des témoignages de jeunes, de parents et des conseils de professionnels de santé.
La phobie scolaire est une souffrance profonde, souvent difficile à repérer et à exprimer. Pourtant, plus que pour tout autre trouble, il est essentiel de ne pas hésiter à solliciter de l’aide dès les premiers signes. Plus la prise en charge est précoce, plus il sera possible d’éviter que la situation ne s’aggrave. Vous n’êtes pas seuls dans ce parcours : faites-vous confiance et avancez pas à pas. 🫶
Pour d’autres conseils dédiés aux parents d’ados, rendez-vous sur notre blog.