Perte de motivation chez les jeunes : comprendre les causes

Votre ado a perdu son élan ? Les devoirs traînent, les projets s’éteignent, les « bof » se multiplient ? Rassurez-vous : cette baisse de motivation n’est ni rare ni irréversible. Elle traduit souvent un besoin de sens, d’autonomie ou de repères, plus qu’un manque de volonté. 

Dans cet article, on vous aide à comprendre ce qui se joue derrière cette perte d’élan, à reconnaître les signaux, et à retrouver ensemble des leviers concrets pour réactiver la motivation de votre ado, à la maison comme à l’école !

 

Mettre des mots sur le terme de « motivation »

La motivation, c’est l’élan qui pousse à agir et à persévérer.

On distingue généralement deux types :

  • La motivation extrinsèque : on agit pour obtenir une récompense ou éviter une sanction (bonne note, approbation, privilège…).
  • La motivation intrinsèque : on agit parce qu’on y trouve du plaisir, de l’intérêt ou du sens.

Chez les adolescent·es, la motivation intrinsèque devient centrale : à cet âge, ils et elles ont besoin de se sentir acteur·rice·s de leurs choix.

Trois besoins fondamentaux nourrissent cette motivation :

  • l’autonomie (avoir une marge de décision),
  • la compétence (se sentir capable et progresser), et
  • le lien social (se sentir soutenu·e et reconnu·e).

Dès qu’un de ces besoins n’est plus comblé, votre ado n’est plus motivé.

L’adolescence est aussi une période de grands bouleversements : le cerveau est en pleine transformation, la recherche de sensations fortes s’intensifie, la pression scolaire augmente et l’envie d’indépendance se heurte souvent à des règles familiales ou scolaires.

Ajoutez à cela la comparaison sociale permanente (réseaux, notes, apparences), un sommeil souvent décalé et parfois des difficultés d’apprentissage, et vous obtenez un terrain propice à la démotivation.

 

Côté ado : ce que vit réellement un·e jeune démotivé·e

Imaginez votre adolescent·e rentrant du lycée : il ou elle pose son sac, s’affale, ouvre une vidéo. Les devoirs ? « Plus tard. » Le ton est fatigué, parfois irritable.

Ce que vous voyez comme du désintérêt cache souvent un mélange de lassitude et de peur : peur de ne pas être à la hauteur, de décevoir, de faire mal.

L’ado procrastine pour éviter la sensation d’échec ou l’ennui, puis culpabilise de ne rien faire, ce qui alimente encore sa démotivation.

Dans le quotidien, cela peut se manifester par :

  • des devoirs repoussés ou faits à la dernière minute ;
  • des résultats en baisse malgré des efforts ;
  • un discours fataliste : « À quoi bon ? » ;
  • un sommeil décalé, une fatigue chronique, un repli social ou un usage excessif des écrans.

Pour vous parent, le risque est de confondre cette attitude avec de la paresse.

Or la plupart du temps, il s’agit d’un blocage, pas d’un désintérêt fondamental : le jeune ne sait plus par où commencer, il ne comprend plus le sens de ce qu’on lui demande, ou il n’a simplement plus l’énergie mentale pour y faire face.

Selon une étude française (« Motivation à apprendre, autorégulation motivationnelle et procrastination chez des lycéens », OpenEdition, 2025), de nombreux adolescent·es peinent à maintenir leur motivation scolaire, parce qu’ils ou elles ont du mal à relier leurs efforts à un but personnel ou à réguler leurs émotions face à la pression.

 

Comprendre d’où vient la baisse de motivation de votre ado

Avant de chercher des solutions, il est essentiel de comprendre ce qui se cache derrière la perte d’envie. Chez les adolescent·es, la démotivation n’a jamais une seule cause. Elle résulte souvent d’un enchevêtrement de petits facteurs : un peu de fatigue, une pression scolaire trop forte, une perte de confiance, ou simplement le sentiment que ce qu’on leur demande n’a plus de sens.

Pour y voir plus clair, vous pouvez prendre un moment calme avec votre ado pour explorer ce qu’il ou elle ressent. L’objectif n’est pas de juger, mais d’observer ensemble, avec curiosité et sans reproches.

Un exercice simple consiste à dresser trois colonnes :
1️⃣ Ce qui me pèse – les tâches que votre ado repousse, évite, ou vit comme un fardeau.
2️⃣ Ce qui passe – ce qu’il ou elle fait sans plaisir, mais sans blocage particulier.
3️⃣ Ce qui me plaît encore – les activités, matières ou moments qui suscitent un minimum d’intérêt.

Ce tri aide à identifier les zones de tension. Demandez ensuite : « Qu’est-ce qui rend cette tâche difficile ? » ou « Qu’est-ce qui t’aiderait à la rendre plus supportable ? » Parfois, la réponse est simple : trop longue, trop floue, ou juste… pas stimulante.

Vous pouvez aussi utiliser une échelle « énergie-sens » : pour chaque activité, votre ado évalue son niveau d’énergie (ai-je les ressources pour m’y mettre ?) et de sens (est-ce que je comprends pourquoi je le fais ?).

  • Si l’énergie est basse, il faut sans doute agir sur le rythme de vie : sommeil, écrans, alimentation, mouvement.
  • Si c’est le sens qui manque, il s’agit plutôt de redonner du lien entre l’effort et un objectif personnel : un projet, un rêve, une compétence utile plus tard.

Enfin, gardez à l’esprit que la démotivation peut parfois cacher un mal-être plus profond : anxiété, troubles du sommeil, fatigue chronique, ou stress scolaire. Si vous remarquez une tristesse persistante, un repli social marqué ou un décrochage scolaire, il est important d’en parler à un·e professionnel·le.

 

Passer à l’action : le kit concret du parent

Une fois que vous avez compris d’où vient la baisse de motivation, vient l’étape la plus délicate : remettre votre ado en mouvement, sans l’épuiser ni le braquer.

Bonne nouvelle : cela ne passe pas forcément par des « grands discours » ou un cadre militaire, mais plutôt par de petits ajustements répétés, cohérents et bienveillants.

L’idée est de créer les conditions pour que la motivation revienne d’elle-même.

Réactiver l’énergie de base

Aucun moteur ne tourne à vide. Avant de parler d’organisation ou de travail, vérifiez que les fondations sont solides :

  • Le sommeil : beaucoup d’ados dorment 2 heures de moins qu’ils n’en auraient besoin. Le manque de sommeil affecte directement la concentration, l’humeur et la persévérance. Instaurez un rituel de déconnexion une heure avant le coucher (écrans éteints, lumière tamisée, activité calme).
  • Le mouvement : pas besoin d’inscrire votre ado à un club de sport s’il ou elle déteste ça. L’objectif est simplement de remettre le corps en action : marcher, faire du vélo, danser, ranger sa chambre en musique. Un corps qui bouge redonne de l’énergie au cerveau.
  • L’alimentation et les pauses : certains jeunes sautent des repas ou grignotent n’importe quand. Aidez-les à structurer leurs repas et à intégrer de vraies pauses où l’on respire, boit un verre d’eau, s’étire. Ces petits gestes ont un impact considérable sur la disponibilité mentale.

Redonner du contrôle pour relancer l’envie

Les ados ont besoin de se sentir maîtres de leur vie. Quand tout est décidé pour eux (horaires, méthodes, attentes), la motivation s’éteint. Redonner un peu de pouvoir de décision, c’est restaurer leur élan intérieur.

  • Proposez des choix : « Tu préfères faire ton exposé avant ou après dîner ? », « Tu veux travailler à ton bureau ou au salon ? » Ces questions paraissent anodines, mais elles redonnent à votre ado un sentiment d’autonomie.
  • Fixez des objectifs modestes et concrets : au lieu de « finis tes devoirs », dites « fais les deux premiers exercices, on fait une pause et on voit ensemble la suite ». La réussite de petites étapes redonne confiance et fait renaître le plaisir d’avancer.
  • Valorisez les efforts plus que les résultats : félicitez le processus, pas la note. « Je vois que tu t’es vraiment accroché·e » aura toujours plus d’impact que « Tu aurais pu avoir mieux. » La reconnaissance est un carburant puissant.

Structurer sans étouffer

Un cadre souple mais stable est sécurisant. Il ne s’agit pas de « fliquer », mais d’aider à construire une routine claire.

  • Testez la méthode 25-5-2 : 25 minutes de travail concentré, 5 minutes de pause, deux cycles avant une grande pause. L’objectif ? Éviter la surcharge et maintenir la motivation en rendant les tâches finies et mesurables.
  • Clarifiez les priorités : à l’aide d’un planning ou d’un tableau, classez ensemble les tâches en « à faire aujourd’hui / cette semaine / plus tard ». Cela aide votre ado à visualiser ce qui est gérable.
  • Encouragez la planification anticipée : la veille, prenez 5 minutes pour regarder ensemble le lendemain : « Qu’est-ce que tu veux avoir terminé demain ? » Cette anticipation allège la charge mentale et réduit la procrastination.

Ramener du sens dans ce qu’il ou elle fait

C’est souvent le « pourquoi » qui manque le plus aux jeunes démotivé·es. Sans comprendre à quoi servent leurs efforts, ils finissent par les vivre comme une corvée sans issue.

  • Discutez du sens sans moraliser : plutôt que « tu dois travailler pour réussir », essayez « qu’est-ce qui te serait utile, à toi, plus tard ? » ou « quelle compétence te plaît dans cette matière ? ».
  • Reliez les apprentissages à la vie réelle : montrer qu’un texte à analyser, c’est aussi apprendre à argumenter ; qu’un exposé oral, c’est savoir convaincre. Quand les savoirs deviennent concrets, l’intérêt revient.
  • Encouragez la découverte : laissez de la place aux passions, aux projets personnels, même éloignés de l’école. Le plaisir dans une activité peut « déteindre » sur les autres domaines.

Adapter la communication

Votre façon de parler à votre ado influence directement sa motivation. Dans une période de décrochage, la manière de dire compte autant que ce qu’on dit.

  • Utilisez une écoute active : reformulez (« J’ai l’impression que tu te sens dépassé·e ») plutôt que de juger (« Tu exagères »).
  • Restez calme et cohérent·e : éviter les menaces ou les ultimatums (« Si tu ne travailles pas, tu n’auras plus ton téléphone ») qui coupent le dialogue.
  • Montrez votre soutien : « Je suis là si tu veux qu’on s’y mette ensemble », « On peut trouver une autre méthode si celle-là ne te convient pas. » Ces phrases, simples, renforcent le sentiment d’être accompagné·e.

Créer des rituels positifs

Les routines bienveillantes donnent du cadre sans rigidité.

  • Le check-in hebdomadaire : chaque dimanche soir, un moment court où chacun partage sa priorité de la semaine (scolaire et bien-être).
  • Le bocal des petites victoires : à chaque réussite, notez-la sur un papier (un devoir rendu, une bonne participation). Ces souvenirs deviennent une réserve de confiance dans les moments creux.
  • La règle du « 1 % » : encouragez votre ado à chercher un petit progrès chaque jour, même infime. L’accumulation de micro-avancées crée une dynamique durable.

Ces actions ne transforment pas tout du jour au lendemain, mais elles plantent les graines d’un nouvel équilibre. En restaurant l’énergie, en redonnant du sens et en soutenant l’autonomie, vous recréez les conditions dans lesquelles votre ado peut retrouver l’envie d’apprendre, de s’impliquer et de croire en lui·elle.

 

Le rôle de l’école dans la motivation de votre ado

La démotivation n’est pas qu’une affaire familiale. L’école joue un rôle clé. Prenez contact avec le ou la professeur·e principal·e, expliquez vos observations et demandez s’il/elle a noté des changements.

Ensemble, vous pouvez réfléchir à des aménagements simples : consignes écrites plus claires, évaluations adaptées, tutorat, groupe de soutien ou projet à long terme pour redonner du sens.

Si votre ado se sent dépassé·e par la charge scolaire ou s’il/elle n’arrive plus à s’organiser, un accompagnement extérieur peut être un vrai coup de pouce : coaching motivationnel, psychologue, ou professionnel·le de l’orientation.

Les coachs et psychologues IAMSTRONG, par exemple, travaillent justement sur ces leviers : retrouver du sens, structurer le travail, et renforcer la confiance à travers un accompagnement 100 % en visio et adapté à chaque profil.

 

Plan d’action « 7 jours pour relancer la machine »

Jour 1 : dresser la carte « énergie-sens » ensemble, repérer une matière à réinvestir.
Jour 2 : ajuster le sommeil et réduire les écrans après 22 h.
Jour 3 : lancer deux cycles « 25-5 » sur un travail choisi par l’ado.
Jour 4 : relier l’effort à un objectif personnel (« tu veux te sentir plus tranquille avant le bac ? »).
Jour 5 : informer le/la prof principal·e de votre démarche et demander une adaptation test.
Jour 6 : activité physique ensemble, puis « bocal des victoires ».
Jour 7 : débrief à deux : qu’est-ce qui a marché ? Qu’est-ce qu’on garde ? Qu’est-ce qu’on ajuste ? Ce petit rituel consolide la coopération plutôt que la confrontation.

 

Questions fréquentes des parents à propos de la motivation de leur ado

Comment savoir si c’est juste un coup de mou ? Observez la durée et l’impact. Si la démotivation dure plus de trois semaines, perturbe le sommeil, les relations ou la scolarité, il faut agir.

Faut-il forcer ? Non. On ne « force » pas la motivation : on crée les conditions pour qu’elle revienne. Structurez le cadre, maintenez le lien avec votre ado et valorisez ses efforts.

Et s’il/elle ne sait pas quoi faire plus tard ? C’est courant. Plutôt que de chercher un « métier », explorez ensemble des domaines d’intérêt, des stages, des activités. L’objectif, c’est de nourrir la curiosité, pas de décider du futur.

Quand consulter ? Si l’humeur se dégrade, si l’ado s’isole, parle de découragement profond ou refuse l’école, un accompagnement psychologique ou un coaching est indiqué.

 

La perte de motivation n’est pas une fatalité. Pour les jeunes comme pour les parents qui les accompagnent, elle est souvent un signal : celui d’un besoin de sens, de repères, de repos ou de soutien. Quand l’élan disparaît, ce n’est ni un manque de volonté ni un manque de capacités, mais bien souvent un trop-plein ou un déséquilibre.

En ajustant le cadre, en redonnant aux jeunes une place active dans leurs choix et en misant sur la coopération plutôt que sur la pression, il devient possible de retrouver progressivement l’envie d’avancer. La motivation se reconstruit dans un climat de confiance, pas sous la contrainte.

Chez IAMSTRONG, nous accompagnons à la fois les jeunes et leurs parents dans ces moments de doute ou de décrochage. Nos coach·es et psychologues spécialisés peuvent vous aider à mieux comprendre ce qu’ils traversent, retrouver de la clarté, renforcer la confiance et remettre du sens dans leurs apprentissages à leur rythme, sans jugement.


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